Le «permis plus» coûtera 40 $ de plus que le permis régulier et durera quatre ans. Au total, donc, il coûtera environ 123 $ pour quatre ans.
Il ne remplacera pas le passeport canadien mais offrira une autre option.
Il faudra être citoyen canadien pour pouvoir se le procurer, posséder un permis de conduire valide, résider au Québec et avoir le droit de voyager à l'extérieur du Canada.
Le «permis plus» sera doté d'un code à barres à deux dimensions et d'une puce électronique lisible par radio-fréquences, qui contiendra un numéro. C'est ce numéro, accessible seulement à certaines personnes autorisées comme les douaniers, qui donnera accès à une banque de données sur les renseignements voulus.
Les autorités québécoises affirment que la puce électronique ne contiendra aucune information personnelle ni nominative. Et elle ne pourra être lue qu'à une distance maximale de 10 mètres et sera protégée par une pochette.
Le premier ministre Charest a lancé le projet, lundi, à quelques pas de la frontière canado-américaine de Saint-Bernard-de-Lacolle, en compagnie du consul des Etats-Unis à Montréal, Lee McClenny, du ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, et du président et chef de la direction de la Société de l'assurance-automobile du Québec, John Arbour.
Le but est de faciliter le passage à la frontière entre le Québec et les Etats-Unis tout en respectant les exigences américaines accrues, en matière de sécurité, depuis les événements du 11 septembre 2001.
Le Québec devient ainsi la première province à aller de l'avant avec son permis de conduire spécial. La Colombie-Britannique, l'Ontario, le Manitoba et la Saskatchewan nourrissent également des projets à cet égard, avancés à divers degrés.
Le premier ministre Charest a évalué à 1,6 milliard $ le commerce entre le Canada et les Etats-Unis chaque jour. Il a de plus souligné que 75 pour cent des exportations du Québec sont destinées aux Etats-Unis.
Et le poste de Saint-Bernard-de-Lacolle est le deuxième en termes d'achalandage au Canada.
M. Charest a souligné que ce «permis de conduire plus» comportait des avantages par rapport au passeport traditionnel, notamment parce qu'il est plus petit et qu'on traîne normalement son permis de conduire sur soi, ce qui facilitera les déplacements spontanés aux Etats-Unis.
«Il y a une vie qui existe le long de la frontière qui est très axée sur la communauté, comme des équipes de hockey qui traversent la frontière à tous les jours, des amis, des commerçants, etc. Il n'y a pas un endroit sur la planète où il y a autant d'activités, où il y a autant de personnes qui voyagent de part et d'autre», a-t-il commenté.
Le premier ministre a repoussé les critiques concernant la protection des renseignements personnels, affirmant que la Société de l'assurance-automobile du Québec avait écouté les commentaires à ce sujet de la Commission d'accès à l'information.
«On respecte l'esprit et la lettre de la loi québécoise. La Commission d'accès à l'information a été satisfaite des démarches qui ont été entreprises», a-t-il affirmé. Il a rappelé que la puce électronique ne contiendra qu'un numéro, non des données personnelles. Et il faudra être une personne autorisée pour avoir accès aux renseignements reliés à ces numéros.
Présent sur place, le président de la Chambre de commerce de Plattsburgh, Gary Douglas, était enchanté. «Ca va être plus rapide pour aller aux Etats-Unis», a-t-il opiné.
De même, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain y a vu «un geste concret pour favoriser la fluidité de la frontière avec les Etats-Unis».
Le consul américain à Montréal s'en est dit satisfait, y voyant «un document sécuritaire et conforme» aux exigences américaines.











