C'est ce qu'on apprend des conclusions rendues par le Bureau du commissaire aux langues officielles dans l'étude d'une plainte déposée au sujet de l'affichage et des services offerts par l'Agence des services frontaliers du Canada à l'Aéroport international Macdonald-Cartier.
Un groupe de voyageurs Gatinois avait dénoncé publiquement en décembre 2008 le fait qu'ils avaient été accueillis par des douaniers unilingues anglophones à leur retour d'un voyage aux États-Unis.
Une semaine plus tard, le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, avait déposé une plainte officielle au Commissaire aux langues officielles dans laquelle il dénonçait les panneaux indiquant les guichets à partir desquels les services sont disponibles dans les deux langues ou en anglais seulement. Ces panneaux affichaient « Bilingual Officer-Agent bilingue » et « English Officer-Agent Anglais », jugés discriminatoires pour les francophones.
À l'issue de son enquête, le Bureau du commissaire aux langues officielles (BCLO) explique ainsi au plaignant que l'Agence des services douaniers a depuis modifié l'affichage électronique à tous les comptoirs et qu'il est désormais indiqué « Welcome in Canada/Bienvenue au Canada ».
Pour ce qui est des services aux guichets, le BCLO explique ce qui suit : « L'Agence a rappelé aux préposés aux comptoirs de faire l'offre active de service dans les deux langues officielles aux membres du public et elle a également rappelé à son personnel unilingue anglais de faire appel à l'aide d'un collègue bilingue pour offrir le service en français ».
« Compte tenu de ce qui précède, nous considérons la situation comme étant réglée », lit-on dans la réponse du BCLO, décision qui est loin de satisfaire le plaignant et président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault.
« On corrige l'iniquité des panneaux, mais pas l'iniquité du service ! » souligne M. Perreault. « Avec maintenant la bénédiction du Commissariat aux langues officielles, le service demeurera toujours plus lent et de qualité inférieure pour les francophones ». La solution acceptable pour corriger le vrai problème aurait été que le personnel unilingue anglais apprenne le français et que dorénavant la connaissance du français soit une exigence à l'embauche, soutient-il.
« Le CLO vient de faire une autre fois la preuve qu'il participe à sa façon à la suprématie de l'unilinguisme anglais au sein de la fonction publique canadienne et à l'offre inégale des services gouvernementaux en français, forçant ainsi les francophones à s'angliciser pour l'accommoder », soutient le président d'Impératif français. Il rappelle à ce sujet qu'un poste sur deux dans la fonction publique fédérale exige l'anglais uniquement alors que seulement 4 % des postes exigent le français uniquement.
« Vous serez embauchés si vous êtes unilingues anglais ou bilingues. Le droit au travail, ça n'existe pas pour les unilingues français », dit-il.

















