La commissaire à la vie privée du Canada, Jennifer Stoddart, a déclaré jeudi matin que le populaire site de réseautage a répondu à ses inquiétudes quant aux lacunes en matière de respect de la vie privée.
Dans une décision qui aura vraisemblablement un impact sur les opérations mondiales de Facebook et ses 250 millions de membres, Mme Stoddart estime qu'une fois que Facebook aura mis en place les changements demandés, la totalité de ses utilisateurs auront une meilleure idée de ce que Facebook fait de leurs renseignements personnels. Les abonnés auront aussi un meilleur contrôle sur ces données.
Facebook a notamment accepté de limiter l'accès aux renseignements personnels de ses abonnés qu'ont les développeurs de logiciels, créateurs des fameuses «applications» qui permettent aux utilisateurs de se distraire ou de mesurer leurs aptitudes de jeu à celles de leurs amis.
«La notion que des adolescents, travaillant dans leur sous-sol de l'autre côté du globe, puissent avoir accès à toutes ces informations personnelles est troublant, c'est le moins qu'on puisse dire», a noté Elizabeth Denham, commissaire adjointe à la protection de la vie privée.
Il y aurait pas moins d'un million de créateurs de ces applications à travers la planète.
Facebook a par ailleurs accepté d'effectuer des ajustements liés à la possibilité pour les abonnés d'effacer toutes les données associées à leur compte Facebook, s'ils le souhaitent. Jusqu'à présent, une confusion existait entre la «désactivation» et la «suppression» du compte des utilisateurs.
La compagnie devra par ailleurs clarifier sur son site sa politique en cas du décès d'un abonné, et donner le choix de laisser ouvert le compte d'une personne décédée pour en faire un espace de «commémoration» ou de le fermer tout simplement.
D'autre part, la commissaire a voulu souligner que les changements qu'apporteront les responsables de Facebook ne pourront protéger les utilisateurs contre leurs propres imprudences.
Les informations de tous et chacun sont «en orbite perpétuelle», et lorsque quelqu'un met en ligne quelque chose, il doit se rappeler que «c'est là pour l'éternité», a spécifié Mme Stoddart.
Les critiques formulées contre Facebook quant à ses pratiques de protection de la vie privée n'étaient pas passées inaperçues et avaient fait les manchettes du monde entier, le mois dernier.
En réponse à une plainte formulée par la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa, Mme Stoddart avait conclu qu'en gardant indéfiniment les informations personnelles de ses utilisateurs - même après que des membres eurent fermé leur page personnelle -, Facebook ne respectait pas la loi canadienne sur le respect de la vie privée.
Compte tenu des difficultés technologiques associées à la refonte du site de Facebook, l'entreprise estime que cela prendra environ un an avant que soient complétées les modifications demandées, un délai que la commissaire juge acceptable. La compagnie n'a pas encore estimé combien coûtera ces changements, mais elle assure que ce qui compte pour l'instant est d'être transparente et de se conformer aux demandes de la commissaire.
D'autres sites de réseautage social surveillaient l'issue des discussions, afin d'étudier les mesures qui devront être mises en place pour améliorer leurs propres pratiques de protection de la vie privée, selon la Clinique d'intérêt public et de politique d'Internet du Canada.
«Nous croyons qu'en plus d'être excellentes pour nos utilisateurs et de répondre à tous les problèmes soulevés par la commissaire, ces modifications établissent une nouvelle norme pour l'industrie», a d'ailleurs souligné dans un communiqué Elliot Schrage, vice-président, communications internationales et politiques publiques de Facebook.











