Lors d'une conférence tenue hier à Ottawa, le président d'Impératif français Jean-Paul Perreault a profité de la rentrée parlementaire et du 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles pour dire publiquement que les statistiques démontrent que la situation du français, comme langue parlée à la maison, est en déclin au Québec comme à l'extérieur du Québec.
« À l'extérieur du Québec, le français en tant que langue parlée à la maison est passé de 4,4 % en 1971 à 2,5 % en 2006. Au Québec, après une amélioration dans les années 80 due à la Loi 101, la situation du français est maintenant en déclin. Le français parlé à la maison est passé de 82,7 % en 1986 à 81,4 % en 2006, et dans la région névralgique de l'île de Montréal, de 61,8 % à 54,2 % » a souligné le président d'Impératif français.
Selon lui, ces résultats étaient prévisibles, car seuls les droits collectifs territoriaux ont quelque chance de réussir dans le domaine de la protection linguistique.
«L'anglais et la langue bilingue»
Au chapitre de la langue du travail, M. Perreault soutient que le Canada a deux langues officielles : « l'anglais et la langue bilingue ». Et même la Loi sur les langues officielles n'y peut rien dans la fonction publique fédérale.
« Il y a deux langues de travail dans la fonction publique fédérale selon le Rapport sur les langues officielles 2005-2006 de l'Agence de la fonction publique (abolie et passée au Secrétariat du conseil du Trésor) : la langue anglaise pour 51,3 % des postes et la langue bilingue pour 40,1 %. Pour sa part, la langue française est bonne dernière avec à peine 4,1 % de ses postes ! » a-t-il tenu à dénoncer.
Au sujet de l'image du Canada à l'étranger, le président Perreault est revenu à la charge pour dire le Canada projette celle d'un pays anglophone qui nie l'existence de la francophone canadienne puisqu'un grand nombre d'ambassades et de consulats à l'étranger établis au Canada ne s'affichent toujours qu'en anglais sur Internet. Dans les rares cas où il existe une version française du site Web d'une ambassade, celle-ci est souvent abrégée ou d'accès difficile, voire banalisée, ajoute-t-il.
« Nous demandons au gouvernement canadien l'adoption d'un train de mesures responsables pour que le Canada soit perçu à l'étranger - et pourquoi pas au Canada également ! - comme un pays francophone et rappelle au ministère canadien des Affaires étrangères qu'il a le devoir de rappeler aux missions diplomatiques que le Canada est un pays membre de la Francophonie, où le français est langue officielle. À quoi servent les missions diplomatiques canadiennes à l'étranger et le chef du protocole, les hauts fonctionnaires et les sous-ministres de ce ministère », demande M. Perreault.

















