Selon ce que publie le «Globe and Mail» dans son édition de vendredi, le gouvernement Harper s'apprêterait à déposer un projet de loi qui porterait de 308 à environ 340 le nombre de députés à Ottawa. Les nouveaux sièges proviendraient de l'Ontario, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, trois provinces dont la population est en croissance.
Le Québec verrait son poids politique diminuer au Parlement puisque le total de ses sièges, actuellement fixé à 75 sièges, demeurerait inchangé.
Un tel projet de loi serait inadmissible pour le Bloc québécois, qui s'est systématiquement opposé aux tentatives passées d'augmenter le nombre de sièges aux Communes tout en laissant intact le nombre de députés québécois.
«A partir du moment où on reconnaît que le Québec (...) forme une nation, il faut s'assurer que cette nation ne voie pas sa voix diluée dans les institutions fédérales. Dans ce sens là, nous, on veut maintenir la proportion de 25 pour cent de la députation à la Chambre des communes», a soutenu le leader parlementaire bloquiste, Pierre Paquette.
Son parti entend d'ailleurs prendre les grands moyens pour faire en sorte que le projet de loi piloté par le ministre d'Etat à la Réforme démocratique, Steven Fletcher, soit tué dans l'oeuf.
«C'est très clair qu'on va prendre tous les moyens parlementaires pour retarder le plus possible un vote sur ce projet de loi. Je suis convaincu qu'au Québec, il va y avoir une levée de boucliers. Ce qu'on voudrait en faire, c'est un enjeu électoral», a affirmé le député de Joliette, qui croit que les Québécois puniront les partis en faveur d'une telle réforme lors d'une prochaine campagne électorale fédérale.
Pour l'instant, les libéraux n'ont pas fermé la porte à d'éventuels changements dans la députation canadienne.
En point de presse vendredi, Michael Ignatieff a fait valoir que toute réforme du nombre de sièges à la Chambre des communes devait respecter le poids du Québec dans la fédération canadienne, mais il a refusé de mettre un chiffre sur ce poids.
«Je ne vais pas vous donner des chiffres. Je vais étudier le projet, mais je veux dire que le poids du Québec dans la fédération canadienne doit être toujours respecté», a noté prudemment le chef libéral.
«Je veux unifier le pays. Je ne veux pas le diviser. Mais je veux que notre système électoral s'adapte à la croissance de la population. Ca, c'est évident», a-t-il ajouté du même souffle.
La dernière refonte de la Chambre a été mise en place à temps pour les élections de 2004 et a fait passer le nombre total de députés de 301 à 308 à travers le pays. Par la suite, le gouvernement conservateur a tenté l'ajout de 10 nouveaux sièges en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, trois provinces qui enregistrent une hausse de population, mais sa proposition est morte au feuilleton.
Compte tenu de son poids démographique, depuis l'adoption des lois sur les frontières électorales, en 1985, le Québec n'a eu droit à aucun des 26 nouveaux sièges qui se sont ajoutés au Parlement.
Des règles plus strictes pour la publicitié
Par ailleurs, M. Michael Ignatieff imposerait des règles plus strictes pour contrôler les publicités du gouvernement fédéral.
La Presse Canadienne révélait cette semaine l'existence d'un site web pour vanter le plan d'action économique d'Ottawa, site tout en bleu - couleur du Parti conservateur -, tapissé de photographies du premier ministre Stephen Harper, et où on faisait référence au «gouvernement Harper» plutôt qu'au «gouvernement du Canada».
Les libéraux estiment que cela contrevient aux règles en place et ils songent à porter plainte au Conseil du trésor ainsi qu'à Elections Canada.
De plus, M. Ignatieff dit que s'il formait un gouvernement, il mettrait en place, comme en Ontario, un comité indépendant qui s'assure que les publicités gouvernementales sont exemptes de tout contenu politique ou partisan.
Les libéraux accusent l'équipe conservatrice d'abuser de l'argent des contribuables et d'utiliser les ressources du gouvernement pour faire de la propagande partisane.












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