Alors que Queen's Park présentera aujourd'hui un énoncé économique faisant état d'un déficit de plus de 20 milliards $, et qu'une série de coupures budgétaires sont attendues, le commissaire François Boileau souhaite que le budget de l'Office des affaires francophones (OAF) soit augmenté, tout comme les ressources humaines et financières accordées aux services en français dans les divers ministères.
Il serait étonnant que les rêves du commissaire se réalisent, a laissé entendre hier la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur.
« Dans la conjoncture actuelle ce n'est pas le bon temps pour demander plus d'argent », a-t-elle exposé.
Interrogée à savoir si des coupures budgétaires étaient envisagées à l'OAF, Mme Meilleur a répliqué qu'elle « ignore ce que contient l'énoncé économique ».
En 2008-2009, le Commissariat a reçu 304 plaintes, soit sept fois plus que pendant sa première année d'activité.
« De notre côté, l'élastique est tiré au maximum : on ne peut faire plus avec les ressources actuelles », a prévenu Me Boileau.
L'enveloppe budgétaire de l'OAF (et du Commissariat) représentait 0,0004 % du budget de la province l'an dernier.
Justice et désignation bilingue
Outre le financement de l'OAF, Me Boileau énonce trois autres recommandations, dont deux dans le domaine de l'accès à la justice.
Il dénonce aussi le manque d'engagement du gouvernement à l'égard de ses structures internes. Depuis 20 ans, dit-il, la notion de postes désignés bilingues s'est affaiblie.
« Des situations désastreuses se reproduisent. Quand un employé occupant un poste bilingue s'en va, on accorde souvent la désignation à n'importe quel employé bilingue, peu importe ses fonctions. »
« Ce n'est pas ça, offrir des services en français de qualité. La priorité, ce doit être le client, pas ce qui accommode le ministère ! »
Réactions
Les partis de l'opposition ont réagi avec inquiétude au rapport.
Le commissaire démontre encore une fois que les services en français sont « un voeu pieux » pour les libéraux, a fait valoir la porte-parole néo-démocrate en matière d'Affaires francophones, France Gélinas.
« Le rapport le confirme, tout comme les dépliants unilingues envoyés au sujet de la grippe H1N1. »
De son côté, le critique conservateur en matière d'Affaires francophones, Peter Shurman, s'est dit « persuadé » que les services en français écoperaient prochainement.
« Le gouvernement fait face au plus grand déficit de l'histoire. Inévitablement, les Franco-ontariens vont en subir les effets, en santé, en éducation. »













