Le groupe Egalité santé en français contestera devant la Cour du banc de la reine une réforme du gouvernement de Shawn Graham qui, selon les membres du regroupement, a enlevé des droits aux francophones du Nouveau-Brunswick.
Pour mener à bien sa cause, le groupe Egalité santé en français s'est adjoint un poids lourd du milieu judiciaire: l'ancien juge de la Cour suprême du Canada, Michel Bastarache.
Le groupe était à Montréal, mardi, où il a obtenu l'appui de personnalités politiques et du milieu médical, notamment les anciens ministres du gouvernement Mulroney, Benoît Bouchard, et du gouvernement Charest, Benoît Pelletier, en plus du président de la clinique médicale L'Actuel, le docteur Réjean Thomas, qui vient lui-même du Nouveau-Brunswick, où il a justement été formé en médecine.
Le groupe conteste une réforme du gouvernement Graham, qui s'est trouvé à abolir la seule régie de la santé francophone, celle de Beauséjour, en refondant l'ensemble des huit régies de la santé de la province en deux grandes, qui pourront offrir des services dans les deux langues.
Egalité santé en français revendique le droit non seulement de pouvoir être soigné en français, mais aussi celui de gérer ses institutions de santé en français.
Il déplore aussi que ces deux régies sont inégales, en ce qu'elles n'offrent pas les mêmes services. Des centres en chirurgie cardiaque, en neurochirurgie, en traumatologie, par exemple, ne sont pas disponibles dans la régie desservant les régions francophones.
«Devant cette désintégration-là , c'est toutes les institutions francophones acadiennes qui sont à risque. L'Acadie est en train de brûler avec une telle loi», s'est exclamé le président-directeur général de l'Hôpital Montfort, Gérald Savoie.
L'Hôpital Montfort, à Ottawa, avait vécu une bataille similaire, il y a quelques années, pour sauvegarder son établissement de soins en français dans la capitale fédérale.
L'ex-juge Bastarache, aujourd'hui conseiller juridique, trace un parallèle avec de précédents jugements de la Cour suprême du Canada qui ont reconnu non seulement le droit à des services scolaires dans la langue de la minorité, mais aussi le droit de gérer ces institutions dans cette langue.
«Si je participe aujourd'hui à cette conférence de presse, c'est parce que je considère que ce n'est pas un problème exclusivement du Nouveau-Brunswick, a lancé Me Bastarache. Le Nouveau-Brunswick est la seule province bilingue au Canada. Si elle ne reconnaît plus les principes fondamentaux du bilinguisme, si elle n'accepte pas les définitions d'obligations gouvernementales prescrites par la Cour suprême du Canada dans ses dernières décisions, et bien c'est un recul pour toute la francophonie canadienne.»
L'ancien ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes dans le gouvernement Charest, Benoît Pelletier, n'a pas voulu dire s'il souhaitait que le gouvernement Charest se mêle du dossier pour appuyer les francophones du Nouveau-Brunswick. «Je n'ai pas de conseil à donner», a-t-il répliqué, ajoutant qu'il appuyait cette cause pour l'essor du français au Canada.
Le groupe a appelé tous les Québécois à appuyer la cause, affirmant que ce sont eux qui ont fait pencher la balance dans le cas de l'Hôpital Montfort d'Ottawa.












