
«Les cigarettes de contrebande, qui se vendent 1$ pour 20 cigarettes, coûtent la moitié du prix de certains paquets de gomme», rapporte le vice-président de l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation, Michel Gadbois.
Courtoisie: Association canadienne des dépanneurs en alimentation
Lors de l'étude, les chercheurs ont amassé des mégots de cigarettes autour de cinq écoles secondaires de Gatineau. Dans 24 % à 29 % des cas, les cigarettes analysées étaient illégales.
Selon des étudiants de l'école secondaire de l'Île, l'institution où l'étude a observé la plus haute proportion de cigarettes de contrebande, les jeunes ne semblaient pas étonnés de la nouvelle.
«Ça ne me surprend pas, dit un étudiant qui n'a pas voulu être identifié. Quand tu n'as pas d'argent, ça ne revient pas très cher de t'en procurer. On peut avoir 20 cigarettes pour 2 $ ou 3 $, et si on en achète encore plus, c'est encore moins dispendieux. On parle de 10 $ pour 200 cigarettes.»
La confidence de cet étudiant est corroborée par l'étude de la Coalition. «Les cigarettes de contrebande, qui se vendent 1$ pour 20 cigarettes, coûtent la moitié du prix de certains paquets de gomme, rapporte le vice-président de l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation, Michel Gadbois. Ça peut être considéré comme banal pour bien des gens, mais les cigarettes de contrebande rapportent 1,5 milliard $ par année au crime organisé au Canada.»
En 2006, 16,5 % des cigarettes sur le marché canadien étaient illégales, selon une recherche de GFK Research Dynamics. En 2008, la proportion est passée à 32,7 % et elle pourrait grimper à 80 % en 2010, selon une projection du groupe d'étude.
Responsabilité parentale
Interrogés à savoir comment les étudiants de l'école secondaire de l'Île se procurent leurs cigarettes de contrebande, les adolescents ont pointé certains parents.
«Pour acheter ces cigarettes, il y a deux façons, continue l'étudiant. La personne se fait donner des cigarettes par ses parents, qui s'en procurent la plupart du temps dans les réserves indiennes. Aussi, d'autres jeunes s'en achètent d'élèves qui ont obtenu plusieurs paquets de leurs parents.»
De son côté, M. Gadbois hésite à pointer du doigt les parents. Selon lui, le crime organisé recrute des jeunes pour vendre le produit illégal dans les écoles.
«Selon la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), 105 groupes criminalisés sont impliqués dans ce type de contrebande, dit M. Gadbois. Toujours selon la GRC, les deux tiers de ces groupes vendent également du cannabis et de la cocaïne et le tiers utilisent la violence, à l'occasion. Il est fréquent qu'un jeune vendeur de cigarettes de contrebande se mette à vendre du cannabis ou de la coke par la suite, toujours pour les mêmes groupes.»











