C'est ce qui ressort d'un rapport commandé par le maire d'Ottawa, Larry O'Brien, et présenté hier à un comité municipal des services organisationnels et du développement économique.
Selon les experts, Ottawa serait en meilleure posture que les autres municipalités canadiennes en cas de récession, mais son économie locale demeure néanmoins vulnérable aux décisions du fédéral. Il s'agit du plus grand employeur de la région et environ 75 % de l'économie de la capitale nationale est stimulée par le fédéral.
« Essentiellement, il y a deux menaces qui guettent Ottawa : un gel du fédéral ou une décentralisation ou nationalisation », indique le président de Corporate Research, Brian Card, faisant partie du groupe d'étude de la municipalité.
« Nous sommes actuellement entre les mains de Stephen Harper et du gouvernement conservateur. Ils prendront les décisions indiquant quelle direction Ottawa suivra », ajoute-t-il.
Le maire O'Brien estime que cette analyse témoigne du fait qu'Ottawa n'est pas immunisée contre un ralentissement économique. « Ça démontre clairement que nous ne sommes pas immunisés contre les changements dans les politiques fédérales et à long terme contre des tendances vers la récession », dit-il.
Selon lui, cette situation devra être prise au sérieux par le conseil lors de l'élaboration du budget municipal 2009, en décembre prochain. « Ma plus grande crainte, lors du processus budgétaire, est que nous exagérions, soit en étant trop optimistes ou trop négatifs », ajoute-t-il.
Le conseiller Rick Chiarelli est un de ceux qui ne voient pas la situation d'un oeil optimiste, notamment pour les travailleurs du secteur privé. « Nous devons mettre l'accent moins sur les clichés, à savoir les difficultés que rencontre une municipalité en temps de récession, mais davantage sur l'impact que cela aura sur les propriétaires fonciers et les travailleurs dans leur vie de tous les jours. »
Une récession pourrait ralentir, selon lui, la mise sur pied du nouveau projet municipal de train léger sur rails électriques de quatre milliards de dollars. Le conseiller Steve Desroches regrette pour sa part, dans telle circonstance, l'ancien projet de train léger abandonné par le conseil municipal. « J'aurais aimé voir ce projet commencer, parce que ça nous aiderait dans ces temps-là. » Selon M. Desroches, la municipalité devra mettre en chantier des projets d'infrastructure pour stimuler l'économie.
Selon M. Card, la rénovation inévitable et déjà entamée par le gouvernement fédéral de ses édifices vieillissants contribuera à stimuler l'économie. Ces projets s'accompagneront, selon lui, d'investissements de plusieurs milliers de dollars à Ottawa au cours des cinq à dix prochaines années.
« Il y aura beaucoup de construction et d'activité pour rendre conformes ces édifices, dit-il. Malgré une récession, ces bâtiments devront être réparés pour ne pas nuire à la sécurité des employés. »











