Famille d'accueil: des critères stricts

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Justine Mercier
Le Droit

Ne devient pas famille d'accueil qui le veut. Les antécédents judiciaires, les valeurs et même ce qui se passe sous les couvertures dans la chambre des maîtres sont des éléments considérés par les centres jeunesse dans le processus de sélection.

Chef des ressources de type familial aux Centres jeunesse de l'Outaouais (CJO), Patrice Lépine indique que sur les 75 à 100 demandes reçues chaque année, une quinzaine seulement mènent à une réponse positive.

«Il faut être clean clean clean», précise-t-il. Plusieurs refus ne sont cependant pas attribuables aux familles elles-mêmes, mais bien à divers critères comme les dimensions des chambres.

Le processus de sélection comprend entre trois et cinq entrevues pointilleuses.

«Nos questions portent sur leurs valeurs, comme la notion de partage, et on va même jusqu'à questionner leur sexualité, savoir comment ils vivent leur intimité», explique M. Lépine. Les candidatures de toutes les familles sont analysées, peu importe leur religion, leur origine ethnique ou l'orientation sexuelle des parents.

«On essaie de placer les enfants avec les bons parents, souligne M. Lépine. On a par exemple des familles d'origine haïtienne qui vont accueillir des jeunes de même origine.»

Actuellement, les Centres jeunesse de l'Outaouais supervisent quelque 175 familles d'accueil, aux seins desquelles sont actuellement placés environ 450 jeunes. Avant de confier un enfant à une famille d'accueil, toutes les autres options sont cependant considérées par les CJO, comme l'hébergement par une tante, un oncle ou encore les grands-parents.

«Le premier objectif, c'est la famille, souligne M. Lépine. Quand on envoie des enfants dans une famille d'accueil, c'est notre dernier choix.»

Un «projet de vie» est aussi établi pour chaque enfant afin de perturber le moins possible son développement.

Les CJO verse des allocations aux familles d'accueil, ce qui permet de couvrir les dépenses liées aux divers besoins des enfants hébergés.

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