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Une cinquantaine d'enfants pour les Sabourin

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Une cinquantaine d\'enfants pour les Sabourin

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Robert et Thérèse Sabourin

Patrick Woodbury, LeDroit

Justine Mercier
Le Droit

Robert et Thérèse Sabourin ont élevé leurs trois filles, mais aussi une cinquantaine d'autres enfants au cours des trois dernières décennies. Certains restent à peine un mois, d'autres pendant tellement d'années qu'ils les appellent papa et maman.

Aujourd'hui rendus à l'âge où bien des gens profitent de leur retraite, ils ne voient pas le jour où ils cesseront d'être famille d'accueil pour les Centres jeunesse de l'Outaouais.

Les Sabourin accueillent présentement six enfants âgés entre 21 mois et 14 ans dans leur résidence du secteur Gatineau. Trois garçons et trois filles.

«Pour nous, il faut que ça bouge», lance d'emblée Mme Sabourin.

La plus jeune de leurs trois filles biologiques demeure encore avec eux, mais à 21 ans, elle songe à quitter prochainement le nid familial. L'homme de la maison est retraité depuis cinq ans, mais pas question d'arrêter pour autant.

«On va continuer aussi longtemps que la santé va le permettre, explique le couple marié depuis 34 ans. S'il n'y a pas d'enfants dans la maison, on sent un vide.»

Alors que plusieurs croient que les enfants placés en famille d'accueil présentent des troubles comportementaux sévères, les Sabourin n'ont jamais eu de misère à faire respecter leur autorité.

«L'arrivée d'un enfant, c'est toujours un party, ça crée une frénésie dans le groupe. On essaye qu'il se sente bien tout de suite.»

Il y a tout de même eu certains moments difficiles. Comme la fois où ils ont accueilli une fillette de cinq ans ayant été victime d'abus sexuels. «En tant que parents, c'était difficile à accepter», souligne Mme Sabourin.

L'un des plus beaux moments est survenu après le départ d'un jeune homme que les Sabourin avaient élevé de quatre ans à 15 ans.

«Maintenant, il reste à Saint-Jovite, et il nous a appelés le soir où sa petite fille est née et nous a dit ?vous êtes grands-parents?, raconte Mme Sabourin. Ils sont rares ceux qui ne nous appellent pas après leur départ, mais ça reste leur choix, on ne s'impose jamais.

«La meilleure récompense, c'est quand ils nous disent que les plus belles années de leur enfance ont été avec nous. C'est là qu'on voit que ça a porté fruit.»

Avec autant d'enfants sous un même toit, Mme Sabourin est toujours demeurée au foyer. Il n'en demeure pas moins que cela nécessite bien de l'organisation pour gérer les horaires et besoins de chaque enfant. «Ça se fait très bien», assurent M. et Mme Sabourin.

Ayant été élevées dans ce modèle familial, les trois filles biologiques du couple n'ont jamais montré de signes de jalousie. «Elles ont grandi là-dedans, c'est normal pour elles, explique Mme Sabourin. La cohabitation n'a pas été difficile.»

Le couple invite tous ceux qui songent à devenir famille d'accueil à ne pas hésiter. «N'ayez pas peur de vous lancer dans cette aventure, ça vaut la peine», assurent les parents d'accueil.

_________________

Robert et Thérèse Sabourin ont été honorés par les CJO pour leurs 30 ans de dévouement, samedi dernier, dans le cadre de la Semaine nationale des familles d'accueil.

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