Sans prétention, le médecin de 38 ans affirme que son expérience peut servir d'inspiration aux politiciens occupés, ces jours-ci, à débattre du meilleur moyen de résoudre la pénurie de médecins en Outaouais.
Au cours des derniers mois, il a convaincu une gynécologue d'Ottawa d'accepter une baisse de salaire pour travailler à Gatineau. Il a aussi recruté un jeune médecin de Québec, rendu méfiant par la mauvaise réputation de l'Outaouais.
Sa recette : offrir aux médecins de bonnes conditions de travail, une équipe pour les entourer et un projet qui les emballe. Et ça marche.
Dans une des régions les plus défavorisées du Québec, le Dr Bédard a monté un centre de soins de première ligne qui lui a valu les éloges de l'ancien ministre de la Santé, Philippe Couillard.
En ouvrant la clinique médicale du Plateau en 2005, il a fait le pari que « les nouveaux projets attirent les nouveaux médecins. »
De trois médecins à l'ouverture, le personnel de sa clinique passera à 10 médecins l'an prochain. Pas un mince exploit dans une région où il manque entre 60 et 80 médecins de famille et quelque 150 spécialistes.
Des spécialistes, son équipe en compte cinq, deux gynécologues, un chirurgien et deux médecins internes. La création d'un nouveau groupe de médecine familiale, en 2009, permettra d'accueillir de nouveaux patients.
La clinique compte aussi des services de psychologues, physios, orthos et massothérapeutes.
Pour convaincre tous ces spécialistes, le Dr Bédard s'est échiné à leur vanter la beauté de la région, le travail d'équipe, l'encadrement offert à sa clinique, décrite comme l'une des plus complètes au Québec par l'ancien ministre Couillard.
La dernière recrue du Dr Bédard, une gynécologue d'Ottawa, a accepté de traverser la rivière malgré une baisse de salaire.
En contrepartie, il lui a offert de développer un nouveau centre de santé de la femme. On y fera du dépistage du cancer de l'utérus (pap-test), des colposcopies et des biopsies.
« Elle est prête à faire moins d'argent pour développer quelque chose de nouveau. Pour faire ce qu'on a toujours appris en médecine, travailler ensemble, s'automotiver, s'autorenforcer », dit-il.
Il a aussi recruté un médecin de Québec qui hésitait entre Montréal et l'Outaouais. L'Outaouais lui faisait peur, en raison des rumeurs négatives qui couraient.
« Quand je lui ai demandé ce qui l'avait attirée ici, elle m'a dit l'encadrement, l'attitude positive et le plaisir apporté au travail. Autant de facteurs qui sécurisent le médecin déjà stressé par son début de pratique. Le secret, c'est de ne jamais éteindre la flamme d'un médecin. C'est comme ça qu'on arrive à les garder. »
D'autres médecins cherchent, comme lui, à raviver la flamme.
« Beaucoup de mes collègues travaillent de la même façon que moi. À l'Unité de médecine familiale de Gatineau, ils sont partis avec rien pour monter quelque chose de super positif, de prometteur et d'attirant. »












