À moins d'un an des élections municipales, le budget a été qualifié d'électoraliste par plusieurs conseillers, qui ont déploré son manque de prudence et de vision.
Le budget municipal de 425 millions, assorti d'une hausse de taxes de 2,9 %, a finalement été adopté à 11 voix contre sept au terme d'échanges animés.
Trois des cinq membres du comité chargé de préparer le budget, Aurèle Desjardins, Pierre Philion et Denis Tassé ont refusé de le recommander à leurs collègues et ont tous voté contre hier soir.
« C'est un budget qui m'inquiète, un budget bonbon. À l'approche de la campagne électorale, on a eu peur d'augmenter les taxes et de vivre avec la réalité », a dit le conseiller Pierre Philion.
Les dissidents ont déploré le peu d'argent disponible pour le centre-ville, l'aréna Guertin, le 100, rue Gamelin, la réfection des édifices et des égouts municipaux.
Riposte
Contrairement à son habitude, le maire s'est levé à plusieurs reprises pour défendre la « prudence » de son budget et riposter aux nombreuses attaques dont il a été la cible.
« Si on avait voulu préparer un budget bonbon, on aurait fait un budget à 0 % d'augmentation de taxes comme ça se fait dans certaines villes », a riposté Marc Bureau, piqué au vif.
Le maire a résisté aux pressions de conseillers qui souhaitaient une hausse encore plus marquée des taxes. « Nos contribuables font face à des difficultés financières eux aussi », a-t-il dit.
Également mécontents du budget, Jocelyne Houle, Frank Thérien, André Laframboise et Simon Racine se sont prononcés contre ce quatrième et dernier budget du mandat de Marc Bureau.
Pressentie pour briguer la mairie en 2009, Jocelyne Houle a déploré le manque de vision et de point d'ancrage au conseil municipal. « Oui, la Ville reçoit des sous, des sous travaillés depuis la fusion, des pactes travaillés depuis 2001. Mais qu'a-t-on fait dans les dernières années pour avoir une vision commune, pour se tenir par la main ? »
L'or noir sous-évalué
Lui aussi intéressé par la mairie, Aurèle Desjardins a déploré que la prochaine flambée des prix du carburant a été sous-estimée afin de diminuer la pression sur le budget municipal. « Nos marges de manoeuvre pour le pétrole sont trop serrées. On sait que ça va revenir et, malheureusement, ce sera en 2010 que cela aura un impact sur nos citoyens. »
«Petite crise»
Les principaux lieutenants du maire Bureau sont venus à sa rescousse. Pour Alain Riel, il est clair que les mécontents ont voulu « afficher leurs couleurs » en vue des élections, « au détriment des citoyens ».
Joseph De Sylva a minimisé ce qu'il a qualifié de « petite crise politique », tandis que Richard Côté, président du comité budgétaire, a jugé suffisante la hausse de taxes.
Immobilisations
Un autre vote, celui sur le plan triennal des immobilisations, a aussi été contesté. Cinq élus ont voté contre, sous prétexte que 27 des 78 millions proviendront d'un programme, Chantiers Canada, dont les critères sont encore inconnus. L'ex-défusionniste Luc Montreuil a voté en faveur du PTI, une première dans son cas. Il est pressenti pour le poste de maire adjoint, en remplacement d'Aurèle Desjardins tombé en disgrâce.













