Par une mesure qui est passée presque inaperçue mardi soir, la municipalité a décidé d'éliminer la taxe industrielle pour l'inclure, d'ici trois ans, à sa taxe non résidentielle.
En clair, par un jeu de vase communicant, le fardeau fiscal des 80 industries de Gatineau sera transféré en partie sur celui des quelque 2000 commerçants de la municipalité.
L'impact se fera surtout sentir chez les petits commerçants de Buckingham, Aylmer ou d'ailleurs.
Dorénavant, ils seront assujettis au même taux de taxation que les grosses papetières, les édifices fédéraux ou le Casino du lac Leamy.
Pour compenser les contrecoups sur les petits commerçants, la Ville a inclus dans l'équation les revenus tenant lieu de taxes versés chaque année par les gouvernements fédéral et provincial.
Au bout du compte, un commerçant peut s'attendre à voir son compte de taxe augmenter d'un maximum de 150 $ l'an prochain, selon les projections du service des finances.
La mesure a été adoptée en même temps que le budget 2009 mardi soir, par 11 voix contre sept.
Jocelyne Houle fait partie des opposants à l'abolition de la taxe industrielle. En période de crise économique, a-t-elle fait valoir, le moment est mal choisi pour alourdir le fardeau fiscal des commerçants.
Dans son quartier de l'est de la ville, les marchands ont déjà été durement touchés par l'harmonisation des taxes commerciales qui a suivi la fusion municipale et la hausse du nouveau rôle d'évaluation municipale.
Aurèle Desjardins, lui, conçoit mal que la Ville verse de l'argent pour revitaliser les artères commerciales, tout en alourdissant le compte de taxes des marchands. « Je pense que les commerçants paient déjà suffisamment de taxes et qu'ils ne devraient pas avoir à porter ce fardeau. »
Pierre Philion, Frank Thérien, Simon Racine, Denis Tassé et André Laframboise ont également voté contre l'abolition de la taxe industrielle.
La décision d'abolir la taxe industrielle a été prise après le dépôt du dernier rôle d'évaluation municipale.
Durement touchées par la crise forestière, les 5 grosses papetières ont subi une dévaluation importante de leur valeur
foncière.
Pour compenser les pertes d'impôt foncier en provenance des papetières, la municipalité aurait été forcée d'augmenter le fardeau fiscal de 75 industries légères (pâtisseries et fromageries) dont la réalité quotidienne s'apparente à celle d'un
commerce.











