William Kuebler, qui représente le jeune Torontois enfermé à la prison de Guantanamo depuis six ans, espère que le premier ministre abordera les étapes précises à envisager pour le rapatriement de son client.
En entrevue à La Presse Canadienne, lundi, M. Kuebler a confié croire que la visite de M. Obama à Ottawa représentait une occasion en or pour le gouvernement conservateur d'agir sur le dossier.
«J'espère que le premier ministre Harper demandera le rapatriement d'Omar et fera ce qui est juste», a-t-il affirmé
«La balle est désormais entre les mains de M. Harper et des différents niveaux de gouvernement canadiens. Ils doivent être prêts à engager des discussions avec le gouvernement américain à propos des conditions précises selon lesquelles Omar pourra revenir au Canada.»
Au bureau du premier ministre, on n'a pas voulu indiquer si le cas d'Omar Kadhr figurait ou non sur la liste des sujets à aborder lors de la rencontre de la semaine prochaine.
«L'ordre du jour va être sur l'économie mondiale, les effets de la crise économique sur nos deux pays, l'environnement, l'énergie et (...) nos efforts en Afghanistan», a expliqué le porte-parole Dimitri Soudas, qui a affirmé juger «prématuré» de dire si les deux chefs d'Etat discuteront de l'avenir du ressortissant canadien.
L'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche a bouleversé la donne quant à la destinée des 245 détenus de Guantanamo. Peu après son assermentation, M. Obama a suspendu pour 120 jours les audiences des commissions militaires et signé un décret ordonnant la fermeture de la prison militaire américaine à Cuba.
Depuis, les Etats-Unis demandent à d'autres pays d'accorder l'asile aux détenus reconnus non-coupables de toute activité terroriste.
«C'est simplement incroyable qu'en substance, le premier ministre Harper continue d'appuyer le maintien de la prison de Guantanamo en gardant les bras croisés, à chaque jour qui passe, dans le dossier Khadr. (Mais) je pense qu'il pourrait minimiser les dommages en agissant de façon responsable, dès maintenant», a soutenu Me Kuebler.
Omar Khadr est accusé d'avoir tué un soldat américain à l'aide d'une grenade, alors qu'il était âgé de 15 ans. Il est le seul ressortant d'un pays occidental à être encore emprisonné à Guantanamo.
Appels sans retour
Les appels placés au bureau du ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, pour organiser une rencontre avec les avocats d'Omar Khadr cette semaine sont demeurés lettre morte.
M. Kuebler a néanmoins pu rencontrer lundi des représentants des trois partis d'opposition à Ottawa. Le sujet a d'ailleurs rebondi aux Communes, lundi après-midi.
Le porte-parole libéral en matière d'affaires étrangères, Bob Rae, a notamment demandé à M. Cannon s'il ne serait pas plus stratégique de négocier le retour de M. Khadr pour s'assurer qu'il soit encadré, plutôt que de laisser les choses aller et risquer qu'il soit libéré sans conditions.
«Je pense qu'il est dans les intérêts du Canada de laisser le gouvernement américain poursuivre les procédures entamées par le président Obama», a répondu le ministre Cannon.
«Quand ces procédures seront terminées, nous verrons quel sera le résultat», a-t-il conclu.
Selon le député bloquiste, Paul Crête, le gouvernement refuse d'admettre qu'il a eu tort dans l'affaire Khadr et donc de changer son fusil d'épaule à cet égard.
«L'entêtement de M. Harper lui fait prendre une attitude qui va à l'encontre du droit international», a déploré M. Crête à la sortie de la période de question.
Il a fait valoir qu'en vertu de la législation internationale, Omar Khadr était, avant tout, un enfant-soldat.










