Rejeté en août dernier au profit de deux stations de langue anglaise, le projet de la Radio de la communauté francophone d'Ottawa (RCFO) est décidé cette fois à convaincre le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de son caractère indispensable pour les francophones d'ici.
Dès 9 h 30, une vingtaine d'intervenants vont se succéder afin de présenter à nouveau leurs exposés devant le CRTC. Les audiences se poursuivront toute la semaine.
La partie n'est pas gagnée d'avance pour la RCFO, puisque sept autres groupes se disputent les deux fréquences. « C'est à nous de démontrer la viabilité du projet et l'intérêt de la population pour une telle radio communautaire », explique Denis Boucher, le président sortant de la RCFO. Le verdict pourrait être rendu d'ici quelques mois.
Cette audience d'appel survient quatre mois après que le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, eut contraint le CRTC à réexaminer sa décision. Le Conseil avait alors préféré deux stations anglophones à la RCFO.
Un appui de la communauté
Une vingtaine d'organismes soutenant les démarches de la RCFO ont déposé des mémoires devant le CRTC. La Cité collégiale, TFO, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario et Canadian Parents for French sont du nombre, de même que l'ex-présidente du mouvement S.O.S. Montfort, Gisèle Lalonde, et le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser. La professeure de science politique à l'Université d'Ottawa, Caroline Andrew, est aussi du lot. Selon la francophile, l'offre de services en français à Ottawa est « faussée », puisque « des stations francophones du côté québécois [...] peuvent donner l'impression que la communauté franco-ontarienne est bien desservie ».
Avec les récentes coupes à Radio-Canada, M. Boucher se dit plus que jamais persuadé de la pertinence de la RCFO. « Les 300 000 francophones d'Ottawa n'ont pas de radio locale pour les servir. Il y a six heures d'émissions locales à la radio de Radio-Canada. Nous, nous voulons en diffuser 126 par semaine », plaide-t-il.
« On nous a déjà refusé une licence en 2005. Et à nouveau en 2008. Nous sommes encore là parce que notre projet en vaut la peine. La communauté francophone d'Ottawa mérite une radio. Nous finirons bien par l'obtenir. »










