Flatté, l'ex-député de Chauveau a promis de faire connaître sa décision de se lancer ou non dans la course «dans les prochains jours».
Après quelques mois de réflexion, François Bonnardel a fait savoir lundi qu'il renonçait à se porter candidat à la direction de l'Action démocratique. Il propose plutôt de coprésider la campagne de M. Taillon, aux côtés de l'ex-députée de Groulx, Linda Lapointe.
«Nous offrons à Gilles Taillon de coprésider sa campagne au leadership pour activer sa réflexion et activer sa préparation», a dit le député de Shefford, flanqué de Mme Lapointe, en point de presse à l'Assemblée nationale.
Avec sa grande expérience, M. Taillon est l'homme de la situation pour unifier et mobiliser les troupes adéquistes, a poursuivi M. Bonnardel, dont la décision de ne pas briguer la direction du parti est «définitive».
«C'est la force de M. Taillon de travailler en équipe, de se joindre à des gens qui vont lui apporter des idées et M. Taillon est encore, selon moi, l'homme de la situation pour amener l'ADQ à la prochaine élection», a-t-il soutenu.
M. Taillon aura 64 ans au cours de l'été et sera âgé de 68 ans lors des prochaines élections au Québec. Mais le poids des années ne diminue en rien les qualités de leader de l'ancien président du Conseil du patronat, a argué Mme Lapointe.
«J'ai travaillé souvent avec lui. Il est rassembleur, il connaît l'économie. (...) Mon père va avoir 80 ans et il est plein d'énergie. M. Taillon a plein d'énergie, j'en suis convaincue, et il est crédible en économie», a-t-elle dit.
Pour l'heure, M. Taillon n'a toujours pas confirmé sa candidature. Il se dit toujours en réflexion mais ne cache pas sa sensibilité à l'intérêt qu'on lui porte.
«C'est une réflexion profonde et encourageante. Je sens beaucoup d'enthousiasme», a précisé l'ex-bras droit de Mario Dumont lorsque joint à son domicile de l'Outaouais.
«Je trouve ça très intéressant et je ne veux pas les décevoir», a ajouté M. Taillon, faisant allusion à la main tendue par le tandem Bonnardel-Lapointe.
Du reste, M. Taillon a déclaré qu'il avait maintenant les coudées franches pour entamer un nouveau chapitre de sa carrière politique.
Les problèmes de santé de son épouse qui l'avaient amené à quitter son siège de Québec pour retourner en Outaouais - où il avait été battu à plate couture au scrutin de 2008 - sont maintenant sous contrôle.
S'il se lance dans la course, M. Taillon sera le troisième candidat en lice en prévision du congrès du parti prévu en février 2010.
Eric Caire, député de La Peltrie, et Christian Lévesque, ancien député de Lévis, ont été les deux premiers à annoncer leur candidature pour diriger l'ADQ.
Rencontré dans les couloirs du parlement, M. Caire s'est bien gardé de faire des commentaires désobligeants à l'endroit de son nouvel adversaire potentiel.
«C'est un homme de grande qualité. C'est toujours positif d'avoir des gens de qualité qui ont de l'intérêt pour la chefferie. Cela démontre qu'il y a de l'intérêt pour l'ADQ», a dit le député de La Peltrie.
Malgré l'entrée en scène probable de Gilles Taillon, M. Caire entend mener sa campagne jusqu'au bout. Il assure qu'il se ralliera à la décision des militants à l'issue de la course.
Pour sa part, le député Gérard Deltell, qui a succédé à Gilles Taillon dans la circonscription de Chauveau, voit d'un très bon oeil la candidature éventuelle de son prédécesseur.
Quoi qu'il en soit, il ne croit pas opportun d'appuyer l'un ou l'autre des candidats, du moins jusqu'à ce qu'il puisse juger davantage des forces et des faiblesses de chacun d'eux.
«Je ne veux pas prendre position ni pour l'un ni pour l'autre ou pour qui que ce soit pour l'instant. Je le ferai peut-être un de ces quatre. Peut-être que je ne le ferai pas non plus», a-t-il commenté.










