Des responsables du gouvernement de Stephen Harper ont confirmé vendredi qu'Ottawa a interjeté appel du jugement de la Cour fédérale l'enjoignant d'exiger le rapatriement du jeune Khadr, détenu à la prison américaine de Guantanamo Bay, à Cuba. Le Canada demeure ainsi sur ses positions selon lesquelles Khadr devrait rester emprisonné dans la prison militaire américaine jusqu'à son procès.
L'opposition prétend au contraire que Khadr était un enfant-soldat et que - à titre de dernier Occidental emprisonné à Guantanamo - les conservateurs avaient le devoir moral de veiller à son rapatriement. Les détenus des autres nations occidentales, dont la Grande-Bretagne et l'Australie, ont été rapatriés dans leur pays depuis longtemps déjà.
Le gouvernement Harper allègue toutefois que puisque Khadr fait face à une accusation de meurtre aux Etats-Unis, il doit demeurer là-bas jusqu'au prononcé du verdict.
«Le gouvernement canadien a réitéré plusieurs fois que Khadr fait face à de graves accusations, indiquait un communiqué émanant du ministère des Affaires étrangères. Après avoir évalué attentivement le bien-fondé de la décision de la Cour fédérale rendue le 23 avril, le gouvernement canadien a décidé d'appeler de la décision.»
Le juge James O'Reilly avait tranché le mois dernier que le refus du gouvernement canadien de demander le rapatriement de Khadr violait les principes fondamentaux de justice.
En vertu de la décision de la Cour fédérale, les partis de l'opposition avaient réitéré leurs demandes pour que Khadr soit rapatrié et, si nécessaire, traduit devant la justice au Canada.
Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, déclarait la semaine dernière que Khadr, âgé de 22 ans, fait face à de graves accusations et que le processus judiciaire américain doit suivre son cours.
Le porte-parole libéral en matière d'Affaires étrangères, Bob Rae, a indiqué que le gouvernement était en train d'établir un rituel inquiétant en laissant ses citoyens - notamment dans les cas de Khadr et Abousfian Abdelrazik - languir à l'étranger.
Abdelrazik se bat actuellement en cour pour tenter de revenir au Canada.
Il a été accusé d'entretenir des liens avec al-Qaïda, mais a été blanchi par le Service canadien du renseignement de sécurité et la Gendarmerie royale du Canada. Il demeure présentement à l'ambassade du Canada à Khartoum, au Soudan, parce qu'Ottawa refuse d'émettre un document lui permettant de voyager.
Le dossier d'Abdelrazik est présentement en Cour fédérale, et allègue que son droit constitutionnel à la mobilité est violé par le gouvernement Harper.
«Ce n'est pas par erreur si la fiche judiciaire du gouvernement empire sans cesse», a déclaré le porte-parole libéral Bob Rae.










