Dans une allocution devant les membres de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), M. Harper a rappelé que les milliards de dollars promis dans son dernier budget ne seraient pas disponibles éternellement. Les sommes réservées aux travaux d'infrastructures doivent ainsi être dépensées avant le 31 mars 2011.
Or, d'après le président de l'UMQ et maire de Maniwaki, Robert Coulombe, aucun projet majeur n'a encore reçu le feu vert des autorités gouvernementales. A son avis, pour 2009 il est déjà «minuit moins une» et il faudra se presser pour éviter que des chantiers importants soient repoussés à 2010.
Devant les médias, M. Coulombe s'est bien gardé de blâmer les gouvernements pour cette situation. Il a préféré appeler Ottawa et Québec à se doter d'un processus accéléré d'évaluation des projets les plus susceptibles d'obtenir des fonds dans le cadre du plan de relance de l'économie.
Normalement, il se passe plusieurs mois entre la fin des devis d'un projet et la première pelletée de terre. Dans les circonstances actuelles, c'est trop long. «On ne lance aucune pierre, ni au fédéral ni au provincial. La volonté politique est toute là, mais c'est le processus qui est lourd. Il faut changer ce processus-là», a insisté le maire.
Le premier ministre Harper n'a cependant pas été aussi nuancé. S'il reconnaît que «la bureaucratie administrative» peut retarder des investissements, le chef conservateur semble croire que le véritable problème est ailleurs. A mots couverts, M. Harper a en effet reproché au gouvernement du Québec d'être responsable d'une partie des délais.
«Je sais très bien que les municipalités sont de compétences provinciales, et je le respecte. Mais la récession, ce n'est pas une question de compétences, c'est une question de collaboration, c'est une question d'action», a-t-il déclaré devant plusieurs centaines d'élus municipaux.
«Nous devons tous travailler en étroite collaboration pour que ces milliards de dollars soient injectés dans l'économie québécoise. Nous n'avons pas une seule minute à perdre parce que, vous le savez, le temps c'est de l'argent», a-t-il ajouté.
M. Harper a répété qu'il était prêt à faire des déficits «aussi importants que nécessaires» pour aider le Canada à traverser la récession, mais que ces déficits seraient conjoncturels.
«Comme pays, nous en avons les moyens. Mais seulement si ces déficits sont temporaires et que nos dépenses pour stimuler l'économie prennent fin avec la récession», a-t-il fait valoir.
Quelques heures plus tôt, devant le même forum, le premier ministre québécois Jean Charest avait promis de redoubler d'efforts pour que les choses aillent plus rondement entre son administration et celle de M. Harper. Il n'a cependant fait aucune allusion à une querelle larvée avec Ottawa.
«Ironiquement, c'est probablement au Québec avec la signature de Chantiers Canada, de 2,1 milliards $ et avec la signature de PRECO qu'on est les plus avancés. Est-ce qu'on est assez avancés? Non. Il faut aller plus vite et aller dans le dernier droit», a-t-il déclaré, en ouverture des assises.
Tant M. Harper que M. Charest ont profité de leur passage au congrès de l'UMQ pour confirmer la prolongation pour quatre ans de l'accord prévoyant le versement d'une partie de la taxe de vente sur l'essence aux municipalités. Entre janvier 2010 et janvier 2014, les villes et villages de la province recevront 2,6 milliards $ en quatre ans.
Ce montant avait été mis de côté dans le budget fédéral de 2008. Québec et Ottawa sont récemment parvenus à s'entendre sur les modalités de redistribution de l'argent. La ministre provinciale des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, doit fournir plus de détails à ce sujet vendredi.











