Les patients qui souffrent de cancer ne seront pas touchés par cette situation qui affecte seulement les examens diagnostics. Énergie atomique du Canada (EACL) prévoit que le redémarrage du réacteur aura lieu dans un mois.
EACL annonçait jeudi dernier que le réacteur avait été mis hors service à la suite d'une panne d'électricité survenue à la frontière de l'Ontario et du Québec. Le lendemain, on découvrait une légère fuite d'eau lourde à l'intérieur de la centrale. Les travaux nécessaires pour colmater la fuite devraient prendre environ un mois.
Les personnes qui suivent des traitements contre le cancer ne devraient pas subir les contrecoups de la pénurie d'isotopes. En radiothérapie, l'accélérateur linéaire génère sa propre radioactivité. En curiethérapie, la source radioactive est active durant trois mois.
Dès le 1er juin
Selon Alan Thibeau, gestionnaire en médecine nucléaire à l'Hôpital d'Ottawa, il faudra que les divers établissements et départements ajustent leurs activités en fonction des produits radio pharmaceutiques qui leur seront fournis semaine après semaine. « Nous devrions sentir les effets à partir du premier juin. Il y aura des isotopes mais on ne sait pas quelle sera la quantité qui nous sera accordée. Les patients dont l'état de santé ou les antécédents médicaux sont plus inquiétants seront examinés en priorité », a-t-il assuré.
France Turcotte, chef de la médecine nucléaire au Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG), souligne que la priorité sera accordée aux personnes hospitalisées ou pour le dépistage de cancer.
Les plans de mesures d'urgence, tant à Ottawa qu'à Gatineau prévoient une réduction d'environ 10 % à 15 % des doses qui sont utilisées pour les divers examens, qu'il s'agisse de cas en cardiologie, en neurologie, en cancérologie ou pour confirmer une fracture ou de l'arthrite par exemple. Les cas urgents et semi-urgents seront vus par les technologues et un certain nombre de patients dont l'état n'est pas urgent pourront subir un examen. Les hôpitaux s'attendent à ce que la pénurie se fasse davantage sentir la deuxième semaine de juin et ainsi de suite les semaines suivantes.
Au cours des derniers jours, le président de l'Association ontarienne de médecine nucléaire, le docteur Chris O'Brien, avait fait savoir qu'à partir de la semaine prochaine, les hôpitaux pourraient commencer à utiliser un type différent d'isotopes, qui était couramment employé il y a plusieurs années. Ces isotopes sont moins efficaces que ceux actuellement utilisés mais ils fonctionnent quand même.
Les examens, qui nécessitent des produits radioactifs, pourraient être remplacés par d'autres types d'examens comme ceux effectués en imagerie par résonance magnétique ou par tomodensitomètre. Le tomographe par émission de positrons (TÉP) n'est pas touché par la pénurie.
Les hôpitaux d'Ottawa et de Gatineau songent aussi à modifier les horaires des examens en déplaçant certains rendez-vous les samedis ou les dimanches et en début de semaine afin de bénéficier de la plus grande radioactivité des isotopes.
En 2007, l'arrêt de production de Chalk River avait duré six semaines. « La première semaine avait été plus ou moins problématique mais plus le temps passait et plus il a fallu annuler des examens. Nous avions tout de même réussi à nous approvisionner de deux compagnies », a rappelé France Turcotte.












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