Début de saison meurtrier sur les cours d'eau

La témérité et l'alcool au banc des accusés

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La témérité et l\'alcool au banc des accusés

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Martin Roy, LeDroit

François Pierre Dufault
Le Droit

Quatre personnes sont mortes depuis le début de l'année et deux manquaient toujours à l'appel, hier soir, sur les cours d'eau de l'Outaouais et de l'Est ontarien. Un bilan déjà lourd qui, à l'approche de la saison estivale, a de quoi inquiéter les autorités.

Formation inadéquate, témérité et abus d'alcool : voilà les trois facteurs qui, selon l'agent Steve Lalande, interviennent presque toujours lors d'une noyade. Instructeur nautique pendant 17 ans, le porte-parole régional de la Sûreté du Québec (SQ) est d'avis que la plupart des plaisanciers n'ont pas reçu la formation requise pour s'aventurer sur un cours d'eau en toute sécurité.

« La première chose que les plaisanciers doivent se demander lorsqu'ils partent sur un cours d'eau, c'est s'ils ont la formation nécessaire. Et dans la plupart des cas, la réponse est non », affirme l'agent Lalande.

« Beaucoup (de plaisanciers) pensent qu'ils connaissent ça et ils acquièrent une trop grande confiance. C'est là que ça devient problématique ».

Le porte-parole de la SQ estime que bon nombre de plaisanciers s'élancent sur des cours d'eau sans connaître leur profondeur, la force de leur courant ni leurs zones les plus sournoises. Et lorsqu'un danger survient, ceux-ci sont bien mal préparés pour y faire face.

Connaître la loi

Au Canada, la navigation des petites embarcations - comme les grosses - est régie par la Loi sur la marine marchande. Un peu comme le code de la route, cet ensemble de règles dicte aux navigateurs comment manoeuvrer leur embarcation.

« La loi établit les limites de vitesse, qui a priorité de passage, s'il faut passer à gauche ou à droite, quoi faire lorsqu'on dérive ou lors d'un remorquage », précise Steve Lalande.

En vertu de la loi, par exemple, toute embarcation à moteur doit être munie de feux de positionnement et d'un appareil de télécommunication.

Cet équipement de base est essentiel même à la plus rudimentaire des chaloupes.

Le hic, c'est qu'il n'existe aucun mécanisme pour s'assurer qu'un bateau est en bon état avant qu'il ne quitte le quai. Aucune inspection n'est même requise au moment de l'immatriculer.

C'est donc à la police que revient la tâche de vérifier l'état et l'équipement de chaque embarcation qu'elle intercepte lors d'opérations de patrouille.

Vestes de flottaison

Vient ensuite la témérité. Et quand la SQ parle de témérité, elle ne s'adresse pas seulement aux conducteurs de cigar boats et de motomarines. La police provinciale pense aussi, et surtout, à tous les plaisanciers qui ne portent pas leur veste de flottaison.

« Les gens pensent à tort qu'ils vont avoir le temps de mettre leur gilet de sauvetage si leur embarcation chavire. Ou pire encore, qu'ils sont assez bons nageurs pour s'en tirer. Mais admettons que la chaloupe les assomme en chavirant et qu'ils se retrouvent inconscients dans l'eau ? Ils vont mourir », met en garde l'agent Lalande.

Et quand la témérité se mêle à l'abus d'alcool, on obtient un cocktail mortel comme le week-end dernier au lac Forant, au nord de Campbell's Bay.

Les secours ont mis quatre jours à retrouver le corps d'un résidant d'Ottawa âgé de 24 ans, Mikael Swan, qui a sombré après que sa chaloupe eut chaviré. L'alcool était en cause et la victime ne portait pas sa veste de flottaison.

« On associe souvent l'alcool et le plaisir. Beaucoup de plaisanciers ne pensent même pas à amener de l'eau sur leur bateau, mais ils ne manquent pas d'amener leur caisse de bière. Nous (la police) devons leur rappeler qu'ils sont sur l'eau pour s'amuser et pas pour faire les fous », de conclure Steve Lalande.

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