Le déficit sera plus grand que prévu, admet Flaherty

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Le déficit sera plus grand que prévu, admet Flaherty

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Le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty

La Presse Canadienne

 

Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Chelsea

Un mois à peine après avoir dit l'inverse, le ministre des Finances Jim Flaherty a dû admettre que le déficit du Canada sera plus élevé que ce que le gouvernement avait prévu dans son budget 2009-2010.

En conférence de presse, lundi, M. Flaherty a admis que ce déficit sera «substantiellement plus élevé» que les 34 milliards $ projeté en janvier dernier, le premier déficit enregistré à Ottawa depuis plus de 10 ans.

«Il est clair que la croissance est plus lente que ce que nous avons anticipé, jusqu'à présent cette année. Cela affectera certainement les revenus du gouvernement, alors j'envisage que nous aurons un déficit plus large que ce qui était anticipé dans le budget de janvier», a-t-il convenu en marge d'une rencontre avec ses homologues provinciaux, au Lac Meech.

Le 21 avril, après que la Banque du Canada eut abaissé son taux direct à son niveau le plus bas, M. Flaherty s'était pourtant dit «confortable avec ses projections».

«Je reste avec ce que nous avons anticipé dans le budget, nous sommes sur la bonne voie», avait-il alors déclaré.

Lundi, il n'a pas voulu s'avancer sur l'ampleur du déficit anticipé, déjà estimé à 64 milliards $ au total pour les deux prochaines années.

Car «substantiellement plus élevé» pourrait bien vouloir dire une somme astronomique. Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, a indiqué il y a quelques semaines qu'il envisageait pour sa part que le déficit se creuserait de 19 milliards $ de plus que ce qui avait déjà été évalué par le ministère.

M. Flaherty compte donner un aperçu un peu plus précis des finances du gouvernement et des projections économiques en juin. C'est à ce moment qu'il tentera d'accoler un nouveau chiffre sur le déficit qu'il prévoit.

Cet important déséquilibre budgétaire découle de la récession qui frappe la planète, où Ottawa doit faire face à la fois à une baisse des revenus et à une augmentation des dépenses pour aller de l'avant avec son plan de stimulation de l'économie.

M. Flaherty assure que même si les coffres de l'Etat sont vides, son plan de relance n'est pas remis en question.

«Nous continuons à aller de l'avant avec notre plan, nous le mettons en oeuvre. Avec mes collègues des provinces et des territoires au pays, les mesures de stimulation économique totalisent 50 milliards $. C'est énorme», a noté le ministre fédéral.

Si Ottawa doit réviser ses projections de croissance et l'ampleur de son futur déficit, cela ne signifie pas nécessairement que les provinces devront lui emboîter le pas.

Les ministres des Finances québécois et ontarien ont souligné que leur budget respectif était basé sur des prévisions de croissance moins anciennes.

«Notre budget est beaucoup plus récent que celui du gouvernement du Canada. Le sien était au début janvier, le nôtre était vers la troisième semaine de mars. Alors nos prévisions, pour l'instant, tiennent toujours la route», a insisté le ministre québécois, Raymond Bachand.

«Je ferai une révision de ces prévisions budgétaires-là lors de notre énoncé, à l'automne prochain», a-t-il ajouté.

La rencontre entre les ministres des Finances a d'autre part permis la mise sur pied d'un groupe d'étude sur le régime de pension, pour lequel l'Ontario réclame une réforme de façon urgente.

Quelques changements au régime ont notamment été adoptés et entreront en vigueur dès 2011. Les ministres ont notamment convenus d'abolir la règle voulant que les personnes de 65 ans et plus devaient réduire leurs heures de travail, voire cesser de travailler pour toucher aux prestations de retraite du Régime de pensions du Canada.

Ils ne sont cependant parvenus à aucune entente sur la question de l'assurance-emploi, qui était pourtant sur les lèvres d'une majorité de ministres à leur arrivée à la réunion.

Le nombre d'heures de travail nécessaires pour pouvoir toucher des prestations d'assurance-emploi, variant d'une région à l'autre, et le délai de carence sont les deux problèmes particulièrement montrés du doigt par les provinces et les partis d'opposition aux Communes.

Pour le ministre de l'Ontario, Dwight Duncan, dont la province est durement touchée, l'inflexibilité du ministre Flaherty sur le sujet ne signifie pas pour autant qu'il est clos.

«En novembre et décembre, nous avons entendu qu'il n'y aurait pas de déficit fédéral. Vous savez quoi? Nous nous adaptons et nous bougeons tous, tout comme l'économie s'adapte et bouge», a affirmé M. Duncan, sous-entendant que M. Flaherty pourrait bien changer d'avis.

Les dossiers chers au Québec, comme la péréquation et l'harmonisation des taxes de vente, suivent par ailleurs chacun leurs cours, selon M. Bachand.

M. Bachand a notamment indiqué avoir rencontré M. Flaherty dimanche soir et avoir abordé avec lui spécifiquement la question de l'harmonisation de la TPS, qui a constitué le sujet le plus chaud dans les relations entre Québec et Ottawa ces derniers mois.

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