« Ça me surprend, car nous avons fait des progrès et le rapport ne reflète pas cela », a dit au Droit Krista Kealy, porte-parole de l'aéroport.
« Nous avons réduit nos plaintes du public voyageur. Il faut aussi souligner que la majorité des plaintes que nous recevons touchent les entreprises privées qui offrent des services ici, des restaurants et des magasins. Ces entreprises tentent de recruter du personnel bilingue, mais c'est souvent difficile. Nous travaillons avec eux pour leur rappeler l'importance des services bilingues. »
Elle souligne par ailleurs que le rapport Fraser s'est penché sur les services chez Air Canada et à l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, qui ne relèvent pas de l'aéroport d'Ottawa.
FCFA
Du côté de la Fédération des communautés francophone et acadiennes (FCFA), la présidente Lise Routhier-Boudreault estime que le rapport Fraser démontre qu'il y a encore de « sérieux problèmes » 40 ans après l'adoption de la Loi sur les langues officielles.
« Il doit y avoir des engagements sérieux de la part du gouvernement pour faire respecter la Loi sur les langues officielles. Ce n'est pas une option, c'est une obligation. Malheureusement, il y a de grands pans de la loi qui ne sont pas encore pleinement respectés et appliqués. On le voit encore dans le rapport du commissaire qui parle de recul et de détérioration des services en français. »
Comme tous les autres organismes en milieu minoritaire, la FCFA attend toujours les sommes promises par le fédéral dans le cadre de sa Feuille de route 2008-2013.
« Les organismes doivent présentement fonctionner dans leur marge de crédit jusqu'à ce que le financement soit versé », a dit Mme Routhier-Boudreault.
Pour le député Pablo Rodriguez, critique libéral aux langues officielles, le rapport de Graham Fraser démontre le manque de leadership du gouvernement Harper.
« Non seulement, on n'avance pas, mais on recule. C'est particulièrement dommage lorsqu'on est en train de fêter la 40e année de la Loi sur les langues officielles. »
« Ça fait 40 ans que le gouvernement viole la Loi sur les langues officielles et c'est le temps qu'il respecte les lois de notre pays », a lancé de son côté Yvon Godin, critique néo-démocrate aux langues officielles.
Le député bloquiste de Gatineau, Richard Nadeau, affirme pour sa part que le même scénario se répète d'année en année. « Tous les rapports suivent la même tangente : la situation ne s'améliore pas. Au Canada, le bilinguisme est plus un concept qu'une réalité. »
Le Canada progresse, dit Moore
Le ministre de Patrimoine canadien, James Moore, a maintenu que le Canada a fait beaucoup de progrès depuis l'adoption de la Loi sur les langues officielles, en 1969.
M. Moore a défendu son gouvernement, citant des passages positifs du rapport de Graham Fraser, qui mentionne que « l'avenir des communautés de langues officielles est hautement prometteur ».
« Nous faisons des investissements clairs, efficaces et forts. Nous avons augmenté les dépenses pour les langues officielles de 20 % à 1,1 milliard de dollars sur cinq ans. Il y a beaucoup de progrès. »
En point de presse après la période de question, M. Moore, a dit travailler sur le dossier des JO de Vancouver, qui seront, a-t-il promis, un « grand succès pour les deux langues officielles ».
Quant aux services bilingues dans les aéroports, le ministre a reconnu qu'il faut continuer de travailler et faire des efforts et que le fédéral est prêt à aider.












