Les libéraux demandent la tête du ministre des Finances, Jim Flaherty

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Les libéraux demandent la tête du ministre des Finances, Jim Flaherty

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«Nous traversons un ralentissement économique plus profond que ce que nous avions anticipé», a affirmé hier Jim Flaherty, ministre fédéral des Finances.

Photo La Presse Canadienne

 

Fannie Olivier
La Presse Canadienne

Les libéraux de Michael Ignatieff veulent la tête du ministre des Finances, Jim Flaherty, qu'ils surnomment désormais «l'homme de 50 milliards», le jugeant dépourvu de toute crédibilité pour gérer les finances des Canadiens.

Mardi, M. Flaherty a annoncé que le Canada enregistrera cette année un déficit historique de plus de 50 milliards $, soit au moins 16 milliards $ de plus que ce qu'il avait prévu dans son budget, il y a quatre mois.

A la Chambre des communes mercredi, M. Ignatieff a donc demandé au premier ministre Stephen Harper de renvoyer son ministre des Finances, accusant les conservateurs «d'incompétence historique».

«Il a dit que ce serait 50 milliards $, mais peut-être plus. Nous ne savons même pas à quel point la situation financière est mauvaise dans notre pays. Et c'est intolérable en temps de crise», a soutenu le chef libéral à sa sortie de la période de questions.

Il a rappelé qu'il y a à peine un mois, lorsque la Banque du Canada a abaissé son taux directeur à son niveau le plus bas, M. Flaherty avait pourtant prétendu que ses estimations tenaient toujours la route. En novembre dernier, au moment de son énoncé économique, M. Flaherty avait même prévu un surplus de 100 millions $ pour l'année 2009-2010.

En Chambre, le ministre a renvoyé la balle au Parti libéral du Canada.

«Ceux envers qui les Canadiens ont perdu confiance sont les libéraux. D'un côté, ils disent «dépensez plus d'argent», et de l'autre «n'enregistrez pas de déficit"», a ironisé M. Harper.

Il faisait notamment référence à la demande émise par les troupes de Michael Ignatieff d'une bonification de l'assurance-emploi, avec abaissement du seuil minimum d'heures travaillées nécessaires pour avoir droit aux prestations, une mesure qui pourrait coûter près de 1,5 milliard $ au gouvernement.

M. Harper n'a pas semblé prendre bien au sérieux le voeu des libéraux de voir la tête de M. Flaherty tomber.

«Le chef de l'opposition, semaine après semaine, demande au gouvernement non seulement de dépenser plus, mais de dépenser plus de façon permanente. Maintenant, il tente de prétendre être préoccupé par le déficit. Je ne peux pas renvoyer le chef de l'opposition, et avec toutes les cassettes que j'ai sur lui, je ne le veux pas», a-t-il lancé, laissant planer un doute sur la signification de ses paroles.

Dans les rangs conservateurs, on a déjà confié passer au peigne fin les nombreuses apparitions télévisuelles de M. Ignatieff, à l'époque où il était journaliste, puis professeur, pour tenter de dénicher des perles pouvant le faire mal paraître lors des prochaines élections.

Effets de toge

Les autres partis n'ont pas, eux non plus, paru très impressionnés par l'initiative libérale d'exiger la démission de Jim Flaherty.

«Flaherty va porter le bonnet d'âne toute sa vie pour avoir les pires déficits de l'histoire du Canada. Ca serait extrêmement bien pour M. Harper de se cacher derrière Flaherty», a fait valoir le député néo-démocrate Thomas Mulcair, qui estime que le premier ministre aurait le beau jeu en jetant simplement le blâme sur son ministre des Finances.

«Ce sont des effets de toge, ça. Le remplacer par qui? Est-ce qu'il y en a un autre qui agirait différemment? S'ils veulent être sérieux, les libéraux, qu'ils présentent des propositions, ce qu'ils n'ont jamais fait», a pour sa part soutenu le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Si les libéraux souhaitent être cohérents dans leurs menaces, ont rappelé le NPD et le Bloc, ils pourraient tenter de faire tomber le gouvernement conservateur. M. Ignatieff a avoué de lui-même qu'il devenait de «plus en plus difficile de travailler avec le gouvernement».

«Je fais de mon mieux parce que je sais bien que les Canadiens ne veulent pas d'élection. Moi, je ne cherche pas d'élection, mais c'est un coup de tonnerre ces questions de déficit», a-t-il convenu.

Les libéraux ne pourront cependant pas déposer de motion de défiance avant le 23 juin et il est peu probable qu'ils le fassent à ce moment. S'ils avaient l'appui des deux autres partis d'opposition, cela plongerait le pays en campagne électorale en pleine période estivale.

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