Le premier ministre Stephen Harper a en effet refusé mercredi sa démission. Une jeune attachée politique a toutefois payé pour la bourde. «Les procédures n'ont pas été suivies dans ce cas. L'individu a pris ses responsabilités», a déclaré Mme Raitt, pendant la période des questions.
A Québec, où il annonçait un investissement, M. Harper a maintenu que l'oubli n'était pas le fait de la ministre elle-même. Il a néanmoins promis qu'il y aurait des «changements» suite à cette gaffe. Il n'a pas précisé sa pensée ou donné de détails sur ce qu'il envisageait.
Cette réaction du gouvernement n'a pas satisfait les partis d'opposition, qui reprochent aux conservateurs d'avoir transformé un employé junior en bouc émissaire.
Pour le critique libéral en matière de Ressources naturelles, David McGuinty, cette gaffe est la plus récente démonstration de l'incompétence d'une ministre qui a déjà du mal à gérer la crise des isotopes médicaux et la privatisation partielle d'EACL.
Libéraux, bloquistes et néo-démocrates ont d'autre part rappelé que l'ancien ministre des Affaires étrangères et député de Beauce, Maxime Bernier, a été forcé de démissionner pour une histoire semblable, il y a à peine un an.
Le parti de Michael Ignatieff a même fait parvenir aux médias un florilège de déclarations faites par M. Harper au paroxysme de l'affaire Bernier-Couillard.
A l'époque, le chef conservateur affirmait que la démission de son ministre devait servir d'«avertissement» pour tous les ministres qui ne prenaient pas soin des documents classifiés dont ils étaient responsables.
Dans un guide à l'intention des membres de son cabinet datant de 2008, on peut d'ailleurs lire que «le premier ministre tient les ministres et ministres d'Etat responsables de la sécurité de leur personnel, de leurs bureaux, de même que des documents confidentiels du Conseil privé de la Reine pour le Canada et d'autres documents délicats sous leur garde.»
Pour le néo-démocrate Thomas Mulcair, en refusant de laisser partir Lisa Raitt, Stephen Harper n'a pas été équitable. «C'est deux poids, deux mesures», a-t-il fait valoir.
Le député d'Outremont a même laissé entendre que Stephen Harper avait été plus dur avec Maxime Bernier «parce qu'il vient du Québec». «Je ne vois strictement rien qui sépare les deux cas outre cela», a-t-il affirmé.
Son parti continue à réclamer la démission de la ministre, qui a fait son entrée au Parlement à la faveur de la dernière élection, l'automne dernier.
C'est aussi l'opinion du leader du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui accuse les conservateurs d'avoir manqué «carrément de dignité» en blâmant une employée, plutôt que la ministre Raitt. «Elle devrait démissionner, point à la ligne. C'est elle qui est responsable, ce n'est pas un adjoint», a-t-il martelé.
En matinée, le bureau du premier ministre Stephen Harper avait laissé savoir qu'il avait institué une enquête afin de déterminer comment ces documents de grande importance avaient pu être oubliés pendant six jours dans la salle de nouvelles de la station.
D'après CTV, ces documents indiqueraient notamment qu'Ottawa a consenti un montant de 72 millions $ à EACL pour maintenir la production d'isotopes médicaux à Chalk River.
Une note écrite du document indiquerait également que depuis 2006, l'agence fédérale aurait reçu plus de 1,7 milliard $ en financement de la part du gouvernement fédéral.
Les documents ont été récupérés par le gouvernement fédéral mercredi matin, une douzaine d'heures après la diffusion d'un reportage sur l'incident.
La plupart des collègues conservateurs de Lisa Raitt lui ont témoigné publiquement leur appui, mercredi. Seul Maxime Bernier a émis des doutes et laissé entendre qu'elle devrait peut-être renoncer à son portefeuille.
«Je pense qu'elle a un bon jugement. Je pense qu'elle devrait utiliser son jugement comme je l'ai fait dans les circonstances», a-t-il déclaré.
Le réacteur de Chalk River a été fermé au mois de mai en raison d'une fuite importante d'eau lourde. EACL a récemment annoncé qu'il sera hors service pendant au moins trois mois en raison de réparations.











Commentaire (1)