Lors du vote en Chambre, hier, le projet de loi privé déposé par le leader parlementaire du Bloc, Pierre Paquette, n'a pas reçu l'appui d'une majorité de députés, alors que 76 ont voté en faveur et 199 contre. Le Bloc a reçu l'appui des députés néo-démocrates, mais les libéraux et conservateurs se sont levés pour défaire la motion.
La veille, le Bloc avait ciblé le chef libéral Michael Ignatieff en disant qu'il aurait une décision importante à prendre lors du vote à la Chambre des communes, lui demandant s'il allait faire une ouverture après avoir dit qu'il avait été le premier politicien fédéraliste à Ottawa à reconnaître la nation québécoise.
Mais le chef libéral a dit qu'il n'était pas d'accord avec le projet de loi, parce qu'il ne respectait pas la dualité linguistique et qu'il n'avait d'ailleurs pas l'intention de voter, puisqu'il s'agissait d'un projet de loi privé. Le chef Ignatieff a tenu parole et n'était pas en Chambre au moment du vote, pas plus d'ailleurs que le premier ministre Stephen Harper.
Après le vote, le chef bloquiste Gilles Duceppe a reproché au chef Ignatieff son absence au vote.
« Michael Ignatieff n'a pas eu le courage de se présenter au vote d'aujourd'hui. Aux yeux du nouveau chef libéral, la nation québécoise n'est tellement pas importante qu'il n'a même pas daigné se présenter à ce vote décisif pour l'avenir de la langue française au Québec », a lancé le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.
« Par sa défection, Michael Ignatieff prend clairement position contre le respect de la loi 101 en sol québécois. Aujourd'hui, les masques tombent et les Québécois peuvent voir le vrai visage du chef libéral : un chef qui n'hésitera pas à piétiner leurs droits au nom du fédéralisme canadien et qui les abandonnera à la première occasion », a poursuivi Gilles Duceppe.
Le député bloquiste Pierre Paquette avait expliqué, lors du débat en Chambre, la veille, que les banques, l'aéroport de Montréal, des compagnies de télécommunications, Postes Canada et Radio-Canada étaient visées.
Selon lui, environ 250 000 travailleurs québécois ne sont pas couverts par la Charte de la langue française.











