« On a finalement réussi à rencontrer des représentants du ministère. Avec ce billet prépayé, on souhaite leur facilité le travail. Ils n'ont plus qu'à préparer un passeport pour le rapatrier », a déclaré la Gatinoise Francine Dumas, qui fait partie des quelque 250 personnes qui se sont cotisées pour acheter un billet au ressortissant canadien coincé au Soudan depuis six ans.
La semaine dernière, la Cour fédérale a ordonné au gouvernement de rapatrier M. Abdelrazik à Montréal dans un délai de trente jours. Pour s'assurer que sa décision soit respectée, le magistrat l'a cité à comparaître devant lui, à Montréal, le 7 juillet prochain.
Pour Mme Dumas, ce billet d'avion daté du 12 juin constitue le moyen le plus « facile, rapide et économique » pour le gouvernement fédéral de se conformer à l'ordre des tribunaux.
Abousfian Abdelrazik a été emprisonné en 2003 lors d'un voyage au Soudan.
Il a été libéré en 2006, faute de preuves, mais l'ONU a inscrit son nom sur une liste d'interdiction de vol en raison de présumés liens avec le groupe terroriste Al-Qaïda. De leur côté, la Gendarmerie royale du Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité affirment tous deux n'avoir rien à lui reprocher. Il a trouvé refuge à l'ambassade canadienne de Khartoum, il y a un peu plus d'un an.
Un premier billet d'avion avait été réservé le 3 avril dernier, mais le ministre Cannon a refusé d'émettre les documents de voyage nécessaires. Le mois dernier, le comité parlementaire des Affaires étrangères a voté en faveur d'une motion pour que M. Abdelrazik soit convoqué à comparaître devant ses membres, dans l'espoir que son obligation à rentrer au pays force Ottawa à lui émettre un passeport d'urgence.
Le ministre Cannon a toujours refusé de rapatrier le Montréalais d'origine soudanaise, alléguant qu'il figure sur une liste d'interdiction de vol des Nations unies.
« Le ministre de la Justice est à réviser la décision que le tribunal a déposée la semaine dernière. Il fera connaître la position du gouvernement en temps opportun », a-t-il indiqué au Droit, hier.











