L'audience marathon portant sur l'attribution des deux dernières fréquences disponibles dans la capitale s'est poursuivie, hier à Gatineau. Rappelons que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes - qui avait accordé les fréquences 99,7 et 101,9 à des stations anglophones l'an dernier - a reçu l'ordre du gouvernement fédéral de refaire ses devoirs pour tenir compte de la communauté francophone. Fréquence adjacente au 94,9, où Astral Media opère la station CIMF RockDétente, le 94,5 FM est récemment apparu au radar du CRTC comme une troisième avenue susceptible de délier l'impasse.
En levée de rideau, hier, Astral Media et Torres Media ont soumis des études confirmant la viabilité du 94,5 FM, avec quelques bémols. Les radios d'autos captent bien le signal, mais les récepteurs de piètre qualité (radios-réveille, baladeurs) rencontrent parfois des difficultés. S'il apparaît peu probable que CIMF souffre de la présence du 94,5, les interférences au 94,5 pourraient augmenter si CIMF fait la transition à la radio digitale. « Laissez-moi être bien clair : le 94,5 n'est absolument pas une option viable pour Eve-FM et nous n'appliquons pas pour cette fréquence », a martelé le président d'Astral Media Radio, Jacques Parisien.
Ceci étant dit, Astral donne le feu vert à l'utilisation de la fréquence adjacente à sa station CIMF, sous certaines conditions. En cas de litige, le propriétaire de la nouvelle licence devrait notamment se trouver une fréquence alternative. Or, cette fréquence n'existe pas, ont souligné les commissaires du CRTC.
Astral Media persiste : son objectif est d'utiliser le 99,7 FM pour diffuser de la musique anglophone pour les femmes de 34 à 55 ans à l'antenne de Eve Radio.
De son côté, le groupe Torres Media a indiqué avoir déjà investi plus de 600 000 $ dans le projet de Dawg FM, incluant l'achat de 101 guitares à mille dollars pièces avec le logo du 101,9. Un revers devant le CRTC équivaudrait à retarder leur rentabilité d'une année, voire deux. Quant à l'utilisation du 94,5, Torres craint de se retrouver à la merci d'un compétiteur, à savoir Astral.
« Si vous y étiez forcé, prendriez-vous le 94,5 au lieu de rien », a demandé le président du CRTC, Konrad van Finckenstein. « Absolument », a répliqué M. Torres.
Questionné en ce sens, la Radio communautaire francophone d'Ottawa (RCFO) a servi une fin de non-recevoir. « Les études sont claires. Il y a effectivement trois fréquences FM qui peuvent être utilisées dans la région. Mais la RCFO s'objecte à toute suggestion que le projet de la communauté franco-ontarienne soit restreint à une station sur 94,5 FM qui, par surcroît, ne répondrait pas aux besoins exprimés par la communauté », a déclaré le président de la RCFO, Lucien Bradet
Selon lui, la fréquence 94,5 nécessite l'utilisation de l'antenne située au Camp Fortune, qui serait jusqu'à dix fois plus dispendieuse que celle prévue au centre-ville d'Ottawa. « La combinaison d'une perte d'auditoire et d'une augmentation des frais d'exploitation fait en sorte que la fréquence 94,5 n'est pas une solution pour la RCFO », dit-il.










