Certains groupes communautaires forcés à fermer boutique

La FCFA dénonce les délais de Patrimoine canadien

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Paul Gaboury
Le Droit

Plusieurs groupes communautaires francophones sont obligés de vivre sur la marge de crédit, de financer leurs activités avec la carte de crédit de leurs bénévoles, de licencier des employés, ou même de fermer boutique, parce qu'ils n'ont toujours pas reçu l'argent ou la confirmation qu'ils auront une subvention demandée, il y a plus de huit mois, au ministère du Patrimoine canadien pour leurs activités de l'année 2009-2010.

Les représentants des groupes anglophones du Québec ont également déclaré vivre la même problématique. Tous avaient été invités à comparaître à l'initiative du député néo-démocrate Yvon Godin.

« La situation est dramatique parce que nos ressources sont déjà minimales et nous n'avons plus de marge de manoeuvre. Le financement n'arrive pas et le personnel est au bord de l'essoufflement. Certains groupes ont fermé boutique et on peut s'attendre à en voir d'autres prochainement parce qu'ils ne peuvent plus continuer dans cette situation », a raconté la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne, Lise Routhier-Boudreau, devant le comité des langues officielles de la Chambre des communes.

La présidente de la FCFA a d'ailleurs vivement dénoncé la lenteur du gouvernement à verser les sommes promises ou même à confirmer si les organismes communautaires francophones en situation minoritaire recevront l'aide financière demandée.

Une enquête faite au cours des derniers jours, a-t-elle expliqué, a permis d'apprendre que 75 % des organismes au niveau provincial n'avaient toujours pas reçu de confirmation du montant qu'ils recevront pour l'année en cours. Une dizaine d'organismes ont obtenu une avance de fonds de 25 %, alors que cinq autres n'ont toujours pas reçu le premier versement de ce 25 %. Six des organismes en question doivent donc utiliser leur marge de crédit. Depuis le 1er avril, les frais d'intérêt par organisme s'élevaient à une somme variant entre 180 et 520 $ par mois. Deux organismes ont dû fermer leurs portes faute d'engagement, et deux autres envisagent de le faire d'ici la fin de l'été.

Plusieurs députés n'ont pas caché leur frustration devant la situation, et ont demandé des explications pour savoir si le problème était lié à un manque de personnel, à la lourdeur administrative ou tout simplement des questions politiques. Une motion présentée par les libéraux proposant la tenue d'une étude sur l'impact des délais dans le versement du financement de Patrimoine canadien a été adoptée à l'unanimité. L'étude sera faite par le comité à l'automne, à moins d'une élection cet été.

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