Harper et Ignatieff s'entendent: les élections estivales évitées

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Harper et Ignatieff s\'entendent: les élections estivales évitées

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne

Les Canadiens n'iront pas aux urnes cet été, Michael Ignatieff et Stephen Harper étant parvenus à s'entendre afin d'éviter la défaite du gouvernement conservateur à la fin de la semaine.

Le premier ministre pourra donc dormir sur ses deux oreilles, du moins jusqu'à la fin du mois de septembre, puisque le déclenchement d'élections générales ne pourra survenir avant la reprise des travaux parlementaires, à l'automne.

Les libéraux ont obtenu du gouvernement la mise sur pied d'un comité devant explorer les moyens d'améliorer le régime d'assurance-emploi, un sujet qui leur est cher, ainsi que l'ajout à l'automne d'un rapport d'étape, souvent qualifié de «bulletin scolaire» du gouvernement.

Pour M. Ignatieff, ce sont «deux gains», qui lui permettent au moins d'éviter de porter l'odieux de la responsabilité d'élections estivales, sans avoir à trop faire marche arrière dans ses demandes.

«J'ai travaillé de mon mieux pour prouver que, dans un Parlement minoritaire, on peut sortir des impasses et trouver des solutions valables pour les Canadiens», a-t-il voulu souligner aux journalistes, après avoir rencontré son caucus.

Quelques minutes plus tard, Stephen Harper se disait de son côté satisfait de savoir que le Parlement adoptera la prochaine ronde de mesures de stimulation de l'économie.

«Je pense que c'est toujours préférable que des partis travaillent ensemble dans ces temps difficiles (...). Nous avons tous entendu le message que la population ne veut pas d'élections», a noté M. Harper.

Le chef de l'opposition officielle et le premier ministre ont eu un entretien téléphonique mercredi matin, une troisième conversation en moins de 24 heures. M. Ignatieff a convenu d'appuyer le gouvernement pour assurer l'adoption des crédits budgétaires vendredi, permettant ainsi aux conservateurs de se maintenir au pouvoir, du moins pour l'instant.

En échange, les conservateurs ont accepté la création d'un comité, dont trois membres seraient choisis par les libéraux et trois autres par les conservateurs, qui devra notamment étudier les façons d'inclure les travailleurs autonomes au régime et d'en améliorer l'accès, probablement en abaissant le seuil d'admissibilité. Le comité devra remettre son rapport avant le 28 septembre.

Les troupes de Stephen Harper devront également entériner une motion qui sera présentée vendredi par les libéraux. On y lit que les conservateurs devront déposer un autre rapport d'étape devant le Parlement au cours de la semaine du 28 septembre, à la rentrée, suivi d'une journée d'opposition libérale deux jours de séance plus tard.

Si les libéraux sont, à ce moment-là, insatisfaits du gouvernement, ils pourraient utiliser cette journée pour tenter de défaire le gouvernement conservateur.

Tant le chef libéral que le premier ministre avaient indiqué qu'ils ne souhaitaient pas d'élections au beau milieu des vacances, mais la température avait monté d'un cran en début de semaine, lorsque M. Ignatieff avait posé des conditions en échange de l'appui des libéraux lors du vote crucial de vendredi. Ces quatre demandes portaient sur l'approvisionnement en isotopes médicaux, le déficit, les dépenses en infrastructures et, bien sûr, le régime d'assurance-emploi.

Sur ce dernier point, le leader du Parti libéral a dû mettre de l'eau dans son vin, lui qui réclamait l'uniformisation du seuil d'amissibilité aux prestations d'assurance-chômage à 360 heures.

S'il se dit toujours opposé à cette mesure, M. Harper a admis cependant qu'il y avait de la place pour plus de cohérence entre les différentes régions du pays.

«Est-ce que cela semble raisonnable d'avoir 58 marchés du travail différents? Non», a convenu pour la première fois publiquement le chef conservateur.

Les députés des deux autres partis d'opposition se sont empressés de ridiculiser l'accord survenu entre libéraux et conservateurs, qualifiant leur relation de «coalition» en référence à la coalition des trois partis d'opposition, l'an dernier, qui avait été décriée par M. Harper et abandonnée par M. Ignatieff.

«Ils tentent de s'en sortir avec des formules creuses, en adoptant cette stratégie qui est propre à Ottawa: quand il y a un problème, créez un comité, mettez sur pied un processus», a déploré le chef bloquiste Gilles Duceppe.

Le néo-démocrate Thomas Mulcair a fait valoir que cette entente ne rapportait rien de concret aux chômeurs.

«La priorité de Michael Ignatieff, c'est Michael Ignatieff, parce qu'il n'a strictement rien obtenu», a-t-il lancé.

Le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique ont tous deux comparé le chef libéral à son prédécesseur Stéphane Dion, qui menaçait régulièrement les conservateurs de les faire tomber, sans toutefois passer de la parole aux actes.

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