Les récentes déclarations de représentants péquistes ont permis à M. Charest d'insister sur les réalisations de son gouvernement, malgré les pertes sans précédent de la Caisse de dépôt et placement, les allégations de conflits d'intérêts qui ont plané sur son conseil des ministres de même que sur un programme d'investissement régional.
Dans le hall de l'Assemblée nationale, entre deux écrans sur lesquels défilait son bilan des six mois qui ont suivi sa réélection, M. Charest a soutenu lors d'une conférence de presse que grâce à sa gestion, le Québec fait «mieux que partout ailleurs sur la planète».
«Evidemment, on sait que ce n'est pas fini, a-t-il déclaré. On le sait très bien, on en est conscient, on ne cherche pas à mettre des lunettes roses. Mais la réalité, telle qu'elle se présente, fait la démonstration que ça va mieux sur le plan économique, au Québec, parce qu'on a posé les bons gestes, on a pris les bonnes décisions.»
Malgré tout, seulement 40 pour cent du plan qui permettra de renouer avec l'équilibre budgétaire d'ici 2014 - après avoir alourdi la dette avec 12 milliards $ de déficits - est connu et les allégations de conflits d'intérêts formulées à l'endroit de certains ministres et ex-ministres n'ont pas permis d'adopter un code d'éthique ni de nommer un commissaire pour l'administrer.
Dans son bilan, M. Charest a esquivé une critique de l'opposition l'accusant d'avoir menti en campagne électorale, l'automne dernier, lorsqu'il promettait de maintenir l'équilibre budgétaire jusqu'en 2010 et qu'il refusait d'admettre que la Caisse de dépôt et placement, une société d'Etat, se dirigeait vers des résultats catastrophiques.
Le premier ministre a plutôt accusé la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, d'avoir perdu le contrôle de son parti.
M. Charest a fait référence aux propos des anciens premiers ministres Jacques Parizeau et Bernard Landry au sujet du plan de Mme Marois pour faire avancer la souveraineté. Il a aussi rappelé les plus récentes déclarations du député péquiste François Legault, qui pressait le gouvernement d'équilibrer les finances en s'attaquant «aux vaches sacrées».
«Qui mène, au PQ? Est-ce que c'est François Legault qui parle au nom du PQ? a-t-il demandé. C'est Jacques Parizeau qui parle au nom du PQ? Est-ce que c'est Bernard Landry qui parle au nom du PQ? Moi, j'en viens à la conclusion que, sur cette question-là, il y a une chose, il y a une réponse qu'on sait: ça n'a pas l'air d'être Pauline Marois qui mène, au PQ.»
En avril dernier, alors que le gouvernement essuyait le tir de l'opposition à la suite des pertes de 40 milliards $ de la Caisse de dépôt et placement et du renouvellement de la haute direction de l'institution, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a décidé de prendre sa retraite.
Raymond Bachand lui a succédé tout en conservant le Développement économique, ce qui lui a permis d'accéder au titre de poids lourd du gouvernement.
Peu après sa nomination, M. Bachand a cependant été mis à rude épreuve relativement au programme des Fonds d'investissement économique régionaux (FIER) et des allégations de conflits d'intérêts soulevées par l'opposition, qui l'ont ultimement convaincu d'inviter le vérificateur général à examiner le dossier.
Au début du mois, un autre poids lourd du gouvernement, le ministre de la Santé Yves Bolduc, s'est lui aussi retrouvé en difficulté lorsqu'il s'est fait accuser de mal gérer la crise entourant les traitements du cancer du sein.
Sur le plan de l'éthique, les actifs du ministre du Travail, David Whissell, dans une compagnie d'asphaltage, et l'embauche de l'ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, par une entreprise exploitant des cliniques privées, ont dominé les débats durant la session.
Mais le récent dépôt d'un plan péquiste pour récupérer des pouvoirs du gouvernement fédéral a cependant donné à M. Charest des munitions pour river le clou de l'opposition officielle, principalement après les déclarations de M. Parizeau au sujet de l'effet positif, pour la souveraineté, des crises avec Ottawa.
Cette semaine, M. Charest a aussi tiré profit des propos de M. Legault, qui a réclamé au gouvernement des solutions radicales pour éliminer le déficit dès l'an prochain.
Jeudi, M. Charest a démontré qu'il n'avait pas l'intention de bouder son plaisir.
«L'opposition a le devoir d'offrir une alternative au gouvernement, a-t-il dit. (...) C'est pour ça que, nous, on ne se privera pas de l'occasion de dire aux Québécois qu'à l'intérieur du PQ c'est la pagaille.»










