C'est ce qu'a affirmé jeudi la ministre fédérale des Ressources naturelles, Lisa Raitt, alors qu'elle exprimait son opinion sur la manière de gérer la pénurie mondiale d'isotopes médicaux.
Selon Mme Raitt, de passage à Toronto, la gestion de cette pénurie est ardue, mais compte tenu de l'importance du réacteur canadien dans l'approvisionnement mondial d'isotopes médicaux, il serait préférable de bouger plus rapidement.
Toutefois, a-t-elle ensuite reconnu, Energie atomique du Canada (EACL) doit d'abord prendre les mesures de sécurité nécessaires.
Situé non loin d'Ottawa, le réacteur de Chalk River, qui produit environ le tiers de l'approvisionnement mondial en isotopes médicaux, a dû cesser ses opérations, il y a plus d'un mois, en raison d'une importante fuite d'eau lourde.
Les responsables ont estimé que le réacteur restera fermé pendant trois mois, soit jusqu'au milieu du mois d'août.
Toutefois, le président d'EACL a affirmé à un comité des Communes qu'il s'agissait d'une prévision optimiste. Hugh MacDiarmid n'a toutefois pas voulu établir un échéancier précis pour relancer le réacteur.
Un autre tiers de l'approvisionnement mondial en isotopes médicaux est fourni par les Pays-Bas, alors que le reste est produit par l'Afrique du Sud, la Belgique et la France.
«Même sans la production du Canada, la demande mondiale totale en isotopes médicaux est satisfaite par ces quatre autres réacteurs», a affirmé jeudi Mme Raitt.
Mais la ministre a ajouté que si les activités d'un seul de ces réacteurs devaient être interrompues, il n'y aurait alors plus suffisamment d'isotopes médicaux.
Le réacteur néerlandais sera fermé à la mi-juillet durant un mois pour des opérations de maintenance.
Le Canada mène présentement des discussions avec les autres producteurs d'isotopes afin de coordonner les fermetures des réacteurs et pour gérer la baisse de la production.
Selon Lisa Raitt, un réacteur australien sera en mesure de produire des isotopes médicaux, et plus tôt que ce qui avait été prévu, de surcroît.
La ministre a cependant admis que le fait de dépendre de réacteurs de plus en plus vieux n'aide en rien à garantir l'approvisionnement en isotopes médicaux.










