Patrimoine canadien n'a toujours pas confirmé le financement des groupes francophones

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Patrimoine canadien n\'a toujours pas confirmé le financement des groupes francophones

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James Moore

Archives, LA PRESSE CANADIENNE

Paul Gaboury
Le Droit

Les groupes communautaires francophones en situation minoritaire ont déjà eu à vivre les inconvénients des délais de Patrimoine canadien pour le versement de leur financement dans le passé. Mais cette année semble pire qu'à l'habitude. Pendant ce temps, le bureau du ministre James Moore indique que les groupes qui dépensent des sommes sans confirmation de financement « le font à leurs propres risques ».

Pour Cyrilda Poirier, la directrice générale de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador, la situation lui apparaît plus critique cette année parce que, depuis l'accusé de réception reçue à la suite de sa demande de financement faite à l'automne 2008, aucune autre information n'a été reçue.

« C'est le silence total. On ne sait absolument rien au sujet de notre demande de financement pour nos activités et pour nos projets pour l'année 2009-2010. Et là, on doit jouer avec nos fournisseurs. Je suis tannée. Où est notre argent ? », a raconté Mme Poirier. Bien que les sommes en question ne soient pas faramineuses, l'absence de financement menace leur fonctionnement et leur survie, souligne-t-elle.

Une situation difficile

Cette semaine, la Fédération des communautés francophones et acadienne, flanquée des représentants des communautés anglophones du Québec, ont aussi dénoncé les retards de Patrimoine canadien à verser le financement pour l'année 2009-2010, qui obligent des organismes à utiliser leur marge de crédit ou la carte de crédit des bénévoles pour poursuivre leurs activités. Certaines ont déjà dû mettre des employés à pied, et si la situation perdure, d'autres pourraient devoir mettre la clé dans la porte très prochainement, a-t-on averti.

Au bureau du ministre du Patrimoine canadien, James Moore, on a indiqué que la presque totalité des groupes admissibles au financement ont reçu une avance de 25 %, soit 253 sur 259 groupes communautaires, en date du 16 juin. Le temps moyen de traitement complet d'une demande est d'environ 30 semaines. En attendant une confirmation de leur financement, le bureau du ministre les invite toutefois à la prudence.

Mais les groupes communautaires estiment que de recevoir ce 25 % ne règle rien. Chez les francophones de Terre-Neuve-Labrador, ce 25 % est arrivé fin mai-début juin, si bien que cet argent avait déjà été dépensé.

« Avant, nous avions déjà au moins reçu à ce moment-ci de l'année une lettre de confirmation de financement. Mais ce n'est pas le cas cette année. C'est pire qu'avant », raconte la directrice générale de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador. Si elle n'a pas de cette confirmation rapidement, elle devra puiser dans la marge de crédit pour le salaire des trois employés parce que le montant reçu de 25 % est déjà épuisé. « Les fonctionnaires et les politiciens, eux, recevront leur salaire pendant les vacances, mais ce ne sera pas nécessairement la même chose pour ceux et celles qui travaillent dans les groupes communautaires », a-t-elle rappelé.

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