Davantage de règles ne signifie pas davantage d'éthique, estime Joe Clark

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Davantage de règles ne signifie pas davantage d\'éthique, estime Joe Clark

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L'ancien premier ministre du Canada et chef conservateur Joe Clark.

La Presse Canadienne

 

Jim Brown
La Presse Canadienne

Des règles sur les conflits d'intérêts plus nombreuses et plus sévères ne sont pas nécessairement garantes d'un gouvernement plus respectueux de l'éthique, estime l'ancien premier ministre du Canada et chef conservateur Joe Clark.

Lundi, lors d'une audience tenue dans le cadre de la commission Oliphant, M. Clark a au contraire affirmé qu'il serait dangereux d'accroître les sanctions et interdictions.

Selon M. Clark, une augmentation de ce type de mesures risquerait d'alimenter le cynisme de la population à l'endroit des politiciens et de décourager les gens honnêtes à se lancer en politique.

Il a déploré que les règles déjà en place mettent l'accent sur les sanctions et sur les conséquences, plutôt que sur des principes qui inciteraient les politiciens à respecter les règles d'éthique.

La commission présidée par le juge Jeffrey Oliphant est chargée d'enquêter sur les liens entre l'ex-premier ministre Brian Mulroney et l'homme d'affaires allemand Karlheinz Schreiber.

En 1993, l'homme d'affaires avait engagé M. Mulroney pour effectuer du lobbying auprès de chefs d'Etat étrangers pour qu'ils se procurent des véhicules blindés construits par Thyssen AG, une firme allemande. M. Schreiber soutient avoir donné 300 000 $ à M. Mulroney pour effectuer du lobbyisme après son départ de la politique. Brian Mulroney affirme pour sa part qu'il a plutôt reçu 225 000 $, somme qu'il a déclarée aux organismes chargés de la perception des impôts.

L'affaire a soulevé des questions concernant les règles actuelles sur les conflits d'intérêts, plus particulièrement celles s'appliquant aux ex-politiciens.

Les avocats du gouvernement du premier ministre Stephen Harper ont soutenu que les règles actuelles, édictées dans la Loi fédérale sur la responsabilité de 2006, étaient suffisantes.

De son côté, la commissaire fédérale aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mary Dawson, a avancé que des amendements législatifs étaient requis pour renforcer le suivi et l'application des règles.

Lundi, Joe Clark, qui a précédé M. Mulroney à titre de premier ministre conservateur et qui a ensuite été ministre pour ce dernier, s'est gardé de faire des commentaires à propos de faits précis dans cette affaire.

M. Clark a affirmé que la Loi sur les conflits d'intérêts, adoptée en 2006 par le gouvernement de Stephen Harper dans la foulée du scandale des commandites, pourrait bien avoir été trop loin.

La liste des restrictions suffit déjà à inciter des personnes à réfléchir deux fois plutôt qu'une sur la possibilité de se lancer en politique, a-t-il fait valoir.

«Ce n'est pas le genre d'attitude que nous voulons», a conclu l'ancien premier ministre.

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