Agé de 52 ans et père de deux adolescents, le député de Rousseau, élu à quatre reprises depuis 1998, en a fait l'annonce jeudi matin, à Québec.
Se décrivant comme un homme d'action, M. Legault a justifié sa décision en faisant valoir qu'il était de plus en plus mal à l'aise dans le rôle de député de l'opposition.
«J'aime mieux prendre les décisions, a-t-il commenté en point de presse. C'est difficile pour moi de me contenter de critiquer et d'observer.»
«Quand on n'est plus motivé, je ne pense pas qu'on rende service à la population en restant en politique», a-t-il ajouté.
M. Legault s'est dit inquiet pour l'avenir du Québec, freiné, selon lui, par un climat d'apathie et de cynisme qui mènera à son «déclin tranquille».
Comme il a déjà fait dans le passé, il a déploré le cynisme grandissant de la population envers la classe politique.
Figure de proue de l'opposition péquiste, M. Legault avait joué un rôle de premier plan ces derniers mois, pour déstabiliser le gouvernement dans le dossier des pertes de la Caisse de dépôt et placement et celui des fonds d'investissement régionaux, les FIER.
Son départ créera certainement un grand vide au sein du caucus péquiste.
Détenteur d'une maîtrise en administration des affaires (MBA), M. Legault avait fait fortune dans le secteur privé, avant de faire le saut en politique. Il avait fondé Air Transat, entreprise qu'il a dirigée durant une dizaine d'années.
Au gouvernement, il aura toujours occupé des fonctions importantes, dont ministre de l'Industrie, de l'Education et de la Santé, dans les cabinets de Lucien Bouchard et Bernard Landry.
Rousseau, une circonscription située dans les Laurentides, est une forteresse péquiste. M. Legault avait obtenu une majorité de 10 000 voix lors du scrutin de décembre dernier. Son départ forcera la tenue d'une troisième élection complémentaire durant la première année du présent mandat.
Au chapitre de ses réalisations, M. Legault s'est dit particulièrement fier d'avoir réussi à investir dans la lutte au décrochage scolaire, quand il était à l'Education.
Sur la question de la souveraineté du Québec, M. Legault est resté plutôt évasif, notant qu'il s'agissait toujours d'une «option qui est pertinente».
Il avait déjà créé un certain émoi au sein des troupes péquistes, en affirmant que compte tenu de l'humeur de la population, il valait mieux mettre le projet de souveraineté sur la glace.
Quant à son avenir, M. Legault a dit qu'il n'avait aucun projet précis, si ce n'est de n'accepter aucune offre d'emploi avant au moins six ou 12 mois.










