Pris de court par l'annonce inattendue du ministère de l'Immigration, les agents de voyage et des hôteliers demandent au gouvernement conservateur de repousser au moins jusqu'au 15 novembre l'entrée en vigueur de la nouvelle exigence, qui risque de priver le Canada de centaines de millions de dollars.
D'après le directeur des ventes de l'agence Amerigo Tours, Alain Paquette, le moment choisi par le fédéral ne pourrait être pire. La moitié des touristes mexicains viennent en effet au Canada entre la mi-juillet et la fin d'août dans le cadre de voyages organisés. «C'est le début de la haute saison», a-t-il souligné lors d'un point de presse.
L'annulation prévisible de plusieurs de ces expéditions aura des conséquences dramatiques non seulement pour les agences, mais aussi pour les guides, les hôtels, les restaurants et les attractions touristiques du pays. «C'est le marché numéro quatre au niveau des marchés outremer au Canada, donc ça va être désastreux», a-t-il insisté.
M. Paquette et ses collègues de l'industrie considèrent que le fédéral les a traités de manière «plutôt cavalière» en annonçant de nouvelles règles sans les consulter et sans leur donner de préavis. Ils sont d'autant plus fâchés que les visas - vendus 85 $ chacun - seront obligatoires dès cette semaine.
La même obligation s'appliquera aux citoyens de la République tchèque, pourtant membre de l'Union européenne. Outrés, les dirigeants de ce pays ont d'ailleurs rappelé leur ambassadeur à Prague pour des consultations et imposé des visas aux diplomates et gens d'affaires canadiens.
Ottawa dit avoir choisi de resserrer les exigences pour les touristes mexicains et tchèques pour juguler les demandes de statut de réfugié, qui se sont multipliées au cours des derniers mois et menacent de faire imploser le système.
Des touristes mexicains croisés mardi sur la colline parlementaire se sont dits «attristés» par la nouvelle, qui vient couronner un début d'année difficile pour leur pays, durement frappé par la récession et la grippe A H1N1.
A Mexico, l'ambassade canadienne a été submergée d'appels de touristes inquiets pour leurs vacances. Le site Internet de l'établissement invite les gens à envoyer leurs documents aux responsables par courrier recommandé. Il n'y a aucune indication sur les délais requis pour traiter les demandes.
Selon Carla Rosa, directrice de GrupoTravel dans la capitale mexicaine, l'affaire est mal gérée et beaucoup de personnes perdront de l'argent en raison de la décision du fédéral.
Un porte-parole du gouvernement conservateur soutient pour sa part que les choses se déroulent bien à l'ambassade où «quelques centaines» de personnes font la file.










