C'est l'avis des critiques libéraux de la condition féminine et des affaires autochtones, Anita Neville et Todd Russell, qui déplorent l'inaction du gouvernement à entreprendre une enquête judiciaire qui pourrait faire la lumière sur les raisons et les circonstances d'un nombre particulièrement élevé de disparitions et de meurtres de femmes et jeunes filles autochtones survenues au cours des dernières décennies.
« L'action du gouvernement conservateur sur cette question est très inappropriée et cela crée un sentiment d'insécurité permanent chez les femmes autochtones », a indiqué le porte-parole libérale de la condition féminine, la députée Anita Neville.
Un rapport publié par l'Association des femmes autochtones du Canada a ainsi révélé que 520 femmes et jeunes filles autochtones ont été assassinées ou sont portées disparues au Canada depuis 1970. De ce nombre, 67 % ont été tragiquement assassinées, 24 % sont toujours portées disparues, alors que 14 % avaient moins de 18 ans au moment de leur disparition.
Dans la région, la police de Gatineau recherche toujours un ou des suspects pour le meurtre de Kelly Morisseau, une mère de trois enfants de 27 ans de Vanier, poignardée à plusieurs reprises et trouvée morte en bordure du parc de la Gatineau en décembre 2006.
Plus récemment, il y a eu la disparition le 6 septembre 2008 de deux jeunes filles autochtones de la réserve de Kitigan Zibi, Maisy Odjick, 16 ans, et Shannon Alexander. Elles font toujours l'objet d'un avis de recherche, notamment sur le site de l'Association des femmes autochtones du Canada.
Les libéraux rappellent qu'ils ont demandé une enquête complète à la Chambre des communes en mai 2009. Jusqu'à maintenant, la ministre d'État de la Condition féminine, Helena Guergis, n'a pas encore donné de réponse.
Puis, le 26 juin 2009, la députée Neville, et son collègue Russell, disent avoir reçu une réponse du ministre de la Justice Rob Nicholson, lettre dans laquelle il fait fi de leur demande d'enquête judiciaire.
« Les femmes autochtones n'ont plus besoin d'entendre la liste des programmes que le gouvernement finance et elles ne méritent plus qu'on les renvoie promener de la sorte. Ce dont elles ont besoin, ce sont des mesures concrètes visant à faire toute la lumière sur ce qui est arrivé à ces femmes », a souligné pour sa part le député Russell.
Le mois dernier, une motion demandait au gouvernement d'établir un plan d'action pour enrayer le trafic d'être humains au Canada, et le parti de Stephen Harper a été le seul à voter contre à la Chambre des communes, ont-ils mentionné. « Il pourrait s'agir d'un outil précieux pour prévenir d'autres disparitions de filles et de femmes autochtones » ajoute la députée Neville.











