En plus d'être forcés d'évacuer le train en suivant des directives en anglais, des passagers francophones de la liaison Toronto-Ottawa ont reçu une lettre d'excuses de la direction dans la langue de Shakespeare.
Le porte-parole du Commissariat aux langues officielles, Robin Cantin, confirme qu'une plainte reçue mardi fait présentement l'objet d'une évaluation, « de façon à établir si nous avons la juridiction pour ouvrir une enquête ou pas ». Une décision devrait être prise aujourd'hui. Chose certaine, souligne le Commissariat, Via Rail est soumis à la Loi sur les langues officielles.
« Inacceptable »
Entre-temps, le Bloc québécois a interpellé le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, l'invitant à rappeler au transporteur ferroviaire ses obligations linguistiques.
Selon le porte-parole bloquiste en matière de Langues officielles, le député de Gatineau Richard Nadeau, l'affaire ne peut en rester là. « Le transporteur n'a même pas été en mesure de fournir des instructions en français dans l'est de l'Ontario, là où les francophones sont pourtant très nombreux, a-t-il dénoncé. Imaginez l'état du service ailleurs au Canada, où la présence francophone est moins importante. »
Pour le député Nadeau, cette situation illustre « fort bien » le fait que les francophones sont « continuellement contraints de se battre » pour le respect de leurs droits linguistiques. « C'est inacceptable, dit-il, d'autant plus que la direction, par insouciance ou par provocation, a poussé l'injure jusqu'à offrir des excuses uniquement en anglais. »
Le député entend porter le dossier de Via Rail à l'attention du Comité permanent des langues officielles, lors de la rentrée parlementaire de l'automne.











