Relégué dans l'ombre pendant toute la durée du débat, M. Taillon a reproché à son adversaire de s'être comporté de manière inappropriée lors de ses échanges avec Christian Lévesque.
«D'être agressif, de le pointer, presque d'embarquer par dessus lui, de le traiter de riche et tout ça, je n'ai pas aimé ça», a dit M. Taillon au sujet des agissements du député de La Peltrie à l'endroit de M. Lévesque, ex-député de Lévis inscrit dans la campagne au leadership.
De l'avis de l'ancien député de Chauveau, la conduite de M. Caire pendant le débat a laissé une impression de bisbille interne nuisant à l'Action démocratique.
«Ce matin, j'ai été arrêté par deux personnes qui m'ont dit: »Arrêtez de vous chicaner!» Les gens ont vu de la chicane hier (dimanche). Je pense qu'on est capable de débattre sereinement, intelligemment, sans s'insulter», a soutenu M. Taillon.
Plus grave encore, les envolées intempestives de M. Caire ont éclipsé, selon lui, le nécessaire débat d'idées qu'attendent les militants adéquistes au cours de la campagne.
M. Taillon a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de se lancer dans une bataille échevelée.
«Ne comptez pas sur moi pour la chicane. On va faire un débat d'idées. S'il y en a qui sont incapables de faire un débat d'idées et veulent faire de la boxe, ce n'est pas l'arène dans laquelle je veux évoluer», a-t-il dit.
En conférence de presse à Québec, M. Taillon a présenté sa plateforme électorale dans un document d'une vingtaine de pages qui reprend essentiellement les thèmes retenus par l'ADQ aux élections de 2007 et 2008.
Mixité privée-publique dans le domaine de la santé, abolition des commissions scolaires, privatisation partielle d'Hydro-Québec, réduction d'un milliard de dollars des dépenses de programme et allocation de 100 $ par semaine pour les familles, figurent dans son programme.
L'aspirant successeur à Mario Dumont espère surtout réussir là ou tous les leaders politiques avant lui se sont brisés les dents: faire intégrer le Québec dans le giron constitutionnel canadien.
Sans référendum ni menace de sécession mais avec un «mandat fort» de la population, M. Taillon veut négocier un «nouveau pacte» avec Ottawa.
La conjoncture actuelle, avec des voix autonomistes qui s'élèvent dans l'Ouest du pays et à Terre-Neuve, se prête à une nouvelle négociation, a-t-il analysé.
«Je suis sûr que si on un mandat solide, avec des demandes précises, ça va être le «fun» de négocier», a-t-il dit, optimiste.
Un gouvernement adéquiste dirigé par Gilles Taillon exigerait le respect intégral des compétences du Québec et le retrait du pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral dans les champs de compétence québécoise.
Le règlement du déséquilibre fiscal, le transfert au Québec de points d'impôt et de tous les pouvoirs en matière de culture comptent parmi les autres revendications retenues par M. Taillon.










