De passage à Gatineau, hier matin, dans le cadre de sa tournée estivale, M. Duceppe a parlé d'une rentrée parlementaire « décisive », où le rapport sur l'assurance-emploi pourrait signer l'arrêt de mort du gouvernement.
À ce chapitre, ni le spectre d'une répétition du scrutin de 2008, ni même celui d'un désintérêt lié à la tenue simultanée d'élections municipales, ne saurait faire reculer le Bloc québécois, a-t-il martelé.
« Je me vois bien mal dire à un chômeur : 'c'est très mauvais ce que fait Harper, mais comme les chances sont qu'on arrive au même résultat, ou comme il y a des élections municipales, je vais l'appuyer pareil'. Moi, je ne serais pas content de me faire répondre ça. »
Le Bloc propose une réforme de l'assurance-emploi, qui comprend notamment un seuil d'admissibilité de 360 heures pour tous et l'abolition du délai de carence. Pour M. Duceppe, le « fardeau de la preuve » repose maintenant sur les libéraux et les conservateurs.
Gatineau
La circonscription de Gatineau promet d'offrir l'une des luttes électorales les plus enlevantes. À l'élection d'octobre 2008, le bloquiste Richard Nadeau l'a emporté avec trois points d'avance sur la néo-démocrate Françoise Boivin et quatre points sur le libéral Michel Simard.
« Il n'y a pas une campagne qui est pareille, observe le député Nadeau. J'ai déjà perdu mes élections avec 40 % du suffrage en 2004, alors que j'ai gagné la dernière fois avec 29 % du suffrage. Notre comité électoral ronronne depuis le 15 octobre dernier. »
La répartition des effectifs fédéraux, la crise forestière et l'érection d'un nouveau pont seront au coeur de la prochaine campagne en Outaouais. Le député bloquiste de Gatineau a d'ailleurs profité de l'occasion pour décocher quelques flèches aux députés « fédéralistes » de l'Outaouais - le ministre Lawrence Cannon en tête - les accusant d'être les « laquais » de leurs collègues de l'autre côté de la rivière.
Les libéraux de Gatineau décideront le 3 septembre qui, de Michel Simard, Steven MacKinnon ou Jean-Paul Ruskowski, sera leur candidat lors de la prochaine élection.
Quant au Nouveau parti démocratique, il misera à nouveau sur la présidente de l'aile québécoise, Françoise Boivin.
« Mme Boivin a été repêchée par le NPD parce que rejetée par les libéraux, a lancé M. Nadeau. Elle doit se mordre les pouces aujourd'hui. »
« Au contraire, a répliqué Mme Boivin. (Surtout pas) lorsque je vois mes anciens collègues, que ce soit sous Dion ou sous Ignatieff, appuyer les conservateurs 79 fois sur des votes de confiance, tout comme le Bloc pendant les deux premières années du règne Harper, sans rien obtenir en retour [...]. »











