Décrochage scolaire: les attentes sont grandes et Ménard est optimiste

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Décrochage scolaire: les attentes sont grandes et Ménard est optimiste

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Le président du Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires, Jacques Ménard, croit que le gouvernement a compris le message de l'urgence de contrer le décrochage scolaire.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

La Presse Canadienne

Les attentes sont grandes dans le milieu de l'éducation, alors que Québec dévoilera enfin mercredi son plan de lutte contre le décrochage scolaire.

Ce plan, dont le dépôt a été reporté à plusieurs reprises, doit constituer la réponse ministérielle au rapport Ménard sur la persévérance scolaire, dévoilé à la mi-mars dernier.

En entrevue, le président du Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires, Jacques Ménard, s'est montré optimiste à la veille du dévoilement du plan, auquel lui-même assistera, d'ailleurs.

«Quand je regarde le consensus qui est en train de se faire au Québec à travers tous les partis, à travers toutes les couches de la société quant à l'importance de voir nos jeunes réussir, j'ai l'impression que le gouvernement y voit son intérêt et y voit aussi son devoir. Alors je demeure optimiste effectivement. Demain pourrait être une journée importante pour les jeunes au Québec», a-t-il lancé mardi.

Le rapport Ménard proposait que la société québécoise se donne comme objectif de faire passer le taux de décrochage de 31 à 20 pour cent d'ici 2020 chez les jeunes de 20 ans.

Ce taux atteint même 36 pour cent chez les garçons présentement. Il est de 25 pour cent chez les filles.

Le rapport Ménard avait formulé une dizaine de recommandations, suggérant notamment plusieurs projets pilotes auprès des enfants vivant en milieu défavorisé et de leurs parents.

Il proposait également de faciliter la transition vers la formation professionnelle au secondaire.

Il suggérait aussi de créer une instance nationale de concertation en persévérance scolaire, à laquelle participeraient non seulement le gouvernement et le milieu scolaire, mais aussi le milieu des affaires et la société civile.

Le rapport évaluait qu'il faudrait ultimement investir entre 140 et 240 millions $ par année lorsque toutes les mesures seraient déployées.

Le rapport Ménard a estimé à 1,9 milliard $ par année le coût du décrochage scolaire en termes de manque à gagner pour la société, et ce, pour les 28 000 jeunes qui décrochent au secondaire.

M. Ménard avoue aujourd'hui qu'il aimerait aussi «voir le ministère de l'Education témoigner d'une plus grande ouverture à l'idée de travailler avec d'autres», avec des gens qui ne sont pas nécessairement employés par le milieu de l'éducation. A ses yeux en effet, ce sont «toutes les forces vives» du Québec qui doivent être engagées dans ce combat collectif contre le décrochage.

Une campagne de sensibilisation à la persévérance scolaire a justement été lancée mardi dans les stations de radio Corus, avec des capsules enregistrées bénévolement par des personnalités publiques comme Normand Brathwaite, Sophie Prégent et Clémence Desrochers.

Un site Internet rend aussi accessibles des informations sur la persévérance scolaire, soit www.leseffetsdudecrochage.com.

La Centrale des syndicats du Québec, qui représente la majorité des enseignants du primaire et du secondaire, veut absolument un ajout de ressources humaines et financières pour lutter efficacement contre le décrochage scolaire.

La centrale syndicale tient notamment à ce que soit abaissé le ratio maître-élèves jusqu'en 5e secondaire. Elle souhaite aussi que des postes de professionnels en éducation - orthophonistes, psychologues et autres - soient ajoutés afin de venir en aide aux enfants en difficulté.

A la Fédération des commissions scolaires, la présidente Josée Bouchard avait elle aussi fait de la persévérance scolaire et, en conséquence, de la valorisation de l'école publique, le message central de la rentrée.

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