Un nouveau sondage La Presse Canadienne - Harris/Decima suggère que l'écart se creuse entre les troupes de Michael Ignatieff et celles de Stephen Harper.
Les conservateurs semblent avoir pris les devants avec 34 pour cent de l'appui populaire, contre 31 pour cent pour les libéraux. Les intentions de vote pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) stagnent à 15 pour cent, suivies par celles du Parti vert à 10 pour cent, et celles du Bloc québécois, à 8 pour cent.
L'opinion des Canadiens à l'égard de Michael Ignatieff paraît elle aussi sur une pente descendante. Alors que 45 pour cent des Canadiens interrogés affirmaient avoir une opinion favorable du chef libéral au mois de mars, ils ne sont désormais plus que 39 pour cent à avoir cette opinion.
«Il est clair qu'il y a eu un certain mouvement vers une impression négative à l'égard de M. Ignatieff. Cela a probablement quelque chose à voir avec les discussions entourant des élections potentielles à l'automne», croit Jeff Walker, vice-président de la firme de sondage Harris/Decima.
Les électeurs sont rarement friands d'élections de façon générale, a admis l'analyste, mais cette fois-ci, leur angoisse face à l'économie et le souvenir frais d'une élection il y a tout juste un an, pourrait peser davantage dans la balance.
«Je crois que c'est un peu différent du typique «je ne veux pas d'élections» qu'on entend souvent», a-t-il conclu.
D'ailleurs, lorsqu'on a demandé aux répondants s'ils croyaient que M. Ignatieff avait eu raison d'annoncer que son parti n'appuierait plus les conservateurs, mettant ainsi la table pour de possibles élections, 50 pour cent ont répondu par la négative. Seuls 38 pour cent, surtout des électeurs du Québec, des Maritimes et des Prairies, croient que le chef libéral a bien fait en agissant de la sorte.
Si près des trois-quarts des répondants n'ont pas été surpris par l'annonce de M. Ignatieff, presque autant, 73 pour cent, jugent que des élections ne sont pas nécessaires cet automne.
Le Bloc reste fort
Au Québec, le Bloc québécois de Gilles Duceppe conserve son avance avec 36 pour cent des intentions de vote, suivi par le Parti libéral du Canada (PLC), avec 31 pour cent. Les conservateurs demeurent loin derrière, avec à peine 16 pour cent des intentions de vote. Le NPD et les verts récoltent respectivement 9 et 6 pour cent de l'appui des Québécois.
Les stratèges libéraux espèrent doubler le nombre de leurs circonscriptions au Québec à l'issue des prochaines élections, les faisant passer de 14 à près d'une trentaine. Mais pour l'analyste Jeff Walker, ce scénario apparaît somme toute peu probable.
«Les libéraux pourraient gagner une poignée de sièges, mais il est difficile de voir comment ils pourraient en gagner un nombre significatif», a avancé M. Walker.
«De façon réaliste, ce sont les libéraux et les conservateurs qui s'échangeront des sièges. Je ne vois pas le Bloc perdre beaucoup de sièges au Québec», a-t-il expliqué.
Un peu plus de 2000 personnes ont été interrogées sur leurs intentions de vote du 27 août au 6 septembre, pour une marge d'erreur de 2,2 pour cent, 19 fois sur 20.
L'opinion de 792 à 1000 répondants a été recueillie pour les autres questions du sondage, avec une marge d'erreur de 3,1 à 3,5 pour cent, 19 fois sur 20.
Les marges d'erreur sont plus grandes pour les résultats du Québec, soit de 4,4 pour cent, en raison de l'échantillon plus restreint.











