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Vidéo de Harper: sa vraie nature est dévoilée, affirme l'opposition

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Vidéo de Harper: sa vraie nature est dévoilée, affirme l\'opposition

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Dans un discours prononcé à Sault Ste-Marie, Stephen Harper a déclaré qu'une absence de majorité conservatrice mènerait automatiquement à une coalition libérale avec «les séparatistes et les socialistes».

Photo: PC

 

Fannie Olivier
La Presse Canadienne

Les propos controversés tenus par Stephen Harper dans un rassemblement partisan où il a été filmé à son insu ont fait jubiler jeudi les partis d'opposition à Ottawa, qui estiment que la vraie nature du chef conservateur est enfin dévoilée.

«Ce discours à huis clos de M. Harper a révélé le caractère du chef conservateur, mais aussi a révélé (ses) vraies valeurs», croit Michael Ignatieff.

Les commentaires du premier ministre confortent le chef libéral dans sa décision annoncée la semaine dernière de tenter de faire tomber le gouvernement conservateur à la première occasion.

«C'est un homme politique qui traite tous ses adversaires comme des ennemis qu'il faut détruire. Et ça rend impossible le travail d'un Parlement minoritaire», a-t-il soutenu en point de presse à Montréal.

Dans ce discours prononcé à Sault Ste-Marie, en Ontario le 2 septembre dernier - un événement auquel les médias n'étaient pas invités - M. Harper a prétendu qu'une absence de majorité conservatrice mènerait automatiquement à une coalition libérale avec «les séparatistes et les socialistes».

Il a évoqué par ailleurs la nomination «d'idéologues de gauche» aux tribunaux, au sein d'institutions et d'agences fédérales ainsi qu'au Sénat, des propos controversés semblables à ceux qui lui avaient fait perdre d'importants appuis lors de la campagne électorale de 2006. La vidéo a été remise à Radio-Canada, puis diffusée aux médias en général.

Son contenu est du véritable bonbon dont s'est régalé l'opposition. Outre M. Ignatieff qui a accusé son adversaire d'avoir du mépris pour les institutions du pays, le chef bloquiste a lui aussi sauté sur l'occasion pour dénoncer le vieux fond «réformiste» de M. Harper et sa manie de tout vouloir contrôler.

Le fait que M. Harper ait dit tout haut dans ce discours qu'il souhaitait une majorité de sièges aux Communes, ce qu'il n'avait jamais fait publiquement, n'étonne pas Gilles Duceppe, cependant.

«Il le taisait dans le passé en se disant : «je fais peut-être peur au monde». Or là, il donne les raisons au monde d'avoir peur», a affirmé M. Duceppe à La Presse Canadienne. Le chef bloquiste a rappelé en outre que M. Harper, alors qu'il était encore chef de l'opposition, avait lui-même cherché à négocié avec les bloquistes et les néo-démocrates, et que c'était par conséquent hypocrite de démoniser toute alliance.

Les commentaires du premier ministre ont également fait bondir les néo-démocrates. Il apparaît désormais de moins en moins probable que le parti de Jack Layton appuie les conservateurs en Chambre pour éviter des élections à l'automne.

«Disons juste que ça part bien mal!», a lancé le chef-adjoint Thomas Muclair en entrevue téléphonique.

«Le vrai Stephen Harper commence à sortir, et s'il y a une élection, évidemment, le monde va sa faire une idée du bonhomme. Je ne pense pas qu'il puisse être bien bien fier de lui, aujourd'hui», a-t-il conclu.

Marchant sur des oeufs, le ministre conservateur Denis Lebel n'a pas voulu commenter le choix des mots de son chef, spécialement celui de «séparatiste».

«Je mets ça de côté. Oui, il y a beaucoup de discussions là-dessus, c'est pas que ça ne m'interpelle pas, mais vraiment, mon essentiel n'est pas là aujourd'hui. Je ne veux pas entrer là-dedans», a-t-il dit en entrevue.

Nominations partisanes

Ce qui a particulièrement choqué les partis d'opposition dans le discours de M. Harper est le passage sur les nominations partisanes.

«Imaginez combien d'idéologues gauchistes ils mettront à la Cour, les institutions fédérales, les agences, le Sénat? Je devrais dire, combien de plus, ils ajouteront», a-t-il dit dans son discours.

Pour ses adversaires politiques, c'est là la preuve qu'il ne croit pas en l'indépendance des magistrats.

«L'indépendance des juges, c'est la clé de la liberté de chaque citoyen du Canada. Il n'a pas de respect pour les institutions qui nous maintiennent en liberté», a déploré M. Ignatieff.

Cette controverse survient ironiquement le jour d'importantes nominations judiciaires, dont celle d'un ancien ministre conservateur, Pierre Blais, à la Cour d'appel fédérale. Mercredi, le gouvernement conservateur avait également annoncé une dizaine de nominations dans les différentes magistratures des provinces du pays.

En outre, M. Harper a nommé pas moins de 27 nouveaux sénateurs depuis qu'il est premier ministre, un record, dont son ancien organisateur électoral, son ancienne attachée de presse et le président du Parti conservateur.

Un autre point qui a fait sourciller l'opposition est finalement ce que M. Harper a dit au sujet du Programme de contestation judiciaire. Dans son discours devant les militants, le premier ministre a vanté l'abolition du programme, utilisé notamment par les minorités linguistiques ou sexuelles, un fonds qui selon lui bénéficiait aux «groupes marginaux gauchistes».

Interrogé sur ce point, un proche de M. Harper a assuré que ce à quoi le chef conservateur faisait référence lorsqu'il parlait de ces «groupes marginaux» n'étaient pas les minorités elles-mêmes, mais les avocats qui les représentaient.

Commentaire (1)
    • Il y a eu «La vraie nature de Bernadette». Aujourd'hui on a eu «La vraie nature de Stephen Harper». L'hypocrisie dans sa plus simple expression. En public il ne dit pas ce qu'il pense et en privé il ne pense pas à ce qu'il dit.

      Et dire que le pays est entre les mains d'un «réformiste mégalomane de l'extrême droite».

      Pas fort

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