Une porte-parole d'Elections Canada, Diane Benson, a indiqué lundi que tous les bureaux de scrutin seraient munis de deux bouteilles de désinfectant à mains ainsi que d'affiches enjoignant les électeurs malades de la grippe à tousser à l'intérieur de leurs manches et à laver leurs mains.
«La santé et la sécurité des électeurs canadiens lors d'élections générales est une priorité pour Elections Canada», a affirmé Mme Benson. «Elections Canada prend des mesures qui sont appropriées et conformes avec les directives du gouvernement canadien afin de fournir un environnement électoral sécuritaire et sain.»
Mme Benson était toutefois incapable de dire, pour l'instant, combien coûteront ces mesures.
L'agence a dévoilé son plan après que le Nouveau Parti démocratique lui a demandé si le pays était prêt à aller en élections générales advenant une nouvelle éclosion de grippe A(H1N1).
La députée néo-démocrate Judy Wasylycia-Leis a écrit au directeur général des élections, Marc Mayrand, pour lui demander comment Elections Canada entend réagir si une résurgence du virus de la grippe A(H1N1) se produit, tel qu'appréhendé, cet automne.
Selon elle, les experts s'attendent à une importante résurgence du virus au cours des mois à venir et certaines communautés seraient très touchées, notamment les communautés autochtones vivant dans des régions éloignées.
Elle considère qu'une campagne électorale représenterait, dans une telle éventualité, une menace pour la santé publique. En raison des nombreux voyages et des rencontres effectués par les candidats des différents partis ainsi que des longues files d'attentes le jour du scrutin, le virus pourrait se propager d'un océan à l'autre.
La députée Wasylycia-Leis se demande également comment les personnes qui seront confinées à la maison ou trop malades pour en sortir pourront se rendre aux bureaux de scrutin.
«La possibilité qu'il y ait une nouvelle vague importante est réelle (...) et si cela arrive, devrions-nous même tenir des élections?», a-t-elle demandé en entrevue à La Presse Canadienne, ajoutant que la tenue d'élections était discutable dans un contexte où le Parlement devrait plutôt surveiller l'évolution de la situation et prendre des décisions afin de protéger la vie des citoyens et leur santé.
Plusieurs experts croient qu'une seconde vague de grippe porcine déferlera au cours de l'automne et frappera vers la mi-octobre, avant que le vaccin antigrippal ne soit disponible au Canada.
Le virus de la grippe A(H1N1) pourrait devenir un enjeu de la campagne électorale s'il devenait plus virulent. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper est déjà accusé, par les partis d'opposition, de mal gérer son éclosion et de se traîner les pieds dans le dossier du vaccin.
De plus, les différents partis politiques discutent déjà des mesures à adopter en campagne électorale si le virus devait éclore après le déclenchement d'élections.











