Les députés du Nouveau Parti démocratique (NPD) se sont en effet abstenus de voter sur la motion de défiance des libéraux. Les conservateurs ont ainsi été assez nombreux pour assurer la survie de leur gouvernement.
Le Parti libéral avait profité de sa journée d'opposition aux communes pour déposer une motion de censure afin de renverser le gouvernement. Les libéraux avaient l'appui du Bloc québécois, mais c'était insuffisant pour renverser les conservateurs. La motion a donc été défaite 144 contre 117 voix.
Le chef du NPD laissait deviner la position de son parti depuis plusieurs jours, en soutenant vouloir assurer l'adoption d'un projet de loi qui prévoit la prolongation des prestations d'assurance-emploi pour les travailleurs de longue date. Ce projet de loi de la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, prévoit l'injection d'environ un milliard de dollars dans le régime d'assurance-emploi.
«On ne voulait pas voter pour une élection, désirée par les libéraux, qui va (bloquer) l'argent essentiel pour les chômeurs», a expliqué M. Layton à l'issue du vote, jeudi en fin d'après-midi.
D'un autre côté, les néo-démocrates ne pouvaient se résoudre à se lever, après que l'eurent fait les conservateurs, pour exprimer leur opposition à la motion libérale.
«La motion dit qu'on a perdu la confiance en ce gouvernement Harper. Nous, nous l'avons jamais eue», a tranché M. Layton.
Le chef libéral, Michael Ignatieff, avait annoncé au début du mois qu'il s'opposerait désormais au gouvernement Harper à chaque fois qu'il en aurait l'occasion, espérant ainsi provoquer sa chute au plus vite.
«Quand ce gouvernement admettra-t-il que son idéologie, c'est d'affaiblir la capacité du gouvernement du Canada de protéger les Canadiens?», a-t-il demandé en Chambre au premier ministre.
M. Ignatieff compte de nombreuses raisons de vouloir défaire le gouvernement conservateur, du déficit galopant atteignant désormais 60 milliards $ cette année, au traitement qu'il réserve aux Canadiens coincés à l'étranger, en passant par son bilan environnemental.
Il en veut également aux conservateurs pour leur gestion dans le dossier de la grippe A (H1N1) et dans celui de la pénurie des isotopes médicaux.
«Ce gouvernement a abandonné tant de Canadiens», a-t-il fait valoir lors d'un bref point de presse jeudi. Il a cité en exemple des gens, qui au fil de ses rencontres cet été l'avaient touché par leur histoire dont la triste conclusion était la perte de leur emploi.
«C'est pour eux que nous allons voter non-confiance aujourd'hui. Et c'est aux autres partis de faire leur décision, s'ils vont soutenir le gouvernement», avait-il conclu.
Ironiquement, c'est en évoquant ces mêmes chômeurs que M. Layton en est venu à la conclusion que son parti devait agir pour éviter que soient déclenchées des élections.
Pour le premier ministre, toutefois, l'attitude des libéraux est incompréhensible.
«Le chef de l'opposition tourne en rond en tentant de justifier une élection dont personne ne veut, pour une raison que personne ne comprend, sur une politique dont personne n'a entendu parler», a-t-il déploré aux Communes.
En adoptant une position de défiance, M. Ignatieff souhaitait éviter de se faire accoler l'étiquette de politicien indécis qui avait accompagné son prédecesseur, Stéphane Dion, à l'époque où il était chef du parti libéral.
Mais si l'on en juge les sondages où les libéraux semblent perdre des plumes, la nouvelle position du leader du PLC l'a plus ou moins servie.











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