M. Coderre, dont la démission lundi a fait beaucoup de bruit, est invité de l'émission de Radio-Canada «Tout le monde en parle», dont l'enregistrement a lieu jeudi. Au parti, plusieurs craignent qu'il envenime une situation déjà très inconfortable pour l'aile québécoise, qui doit défendre depuis le début de la semaine l'unité de la formation politique auprès des médias.
Sa présence sur le plateau de l'émission de variétés l'empêche en outre d'être présent à un vote important aux Communes sur la motion de censure déposée par son propre parti pour tenter de défaire le gouvernement de Stephen Harper.
Interrogé sur le mal que pourrait faire le passage de M. Coderre à l'émission que près d'un million de Québécois regardent les dimanches soirs, M. Ignatieff a insisté sur le fait que toute action devait entraîner des répercussions.
«Pour chaque action, il y a des conséquences. J'ai été très clair à propos de ça et c'est très clair pour M. Coderre», a-t-il souligné.
Il n'a cependant pas voulu clarifier ce qu'il entendait comme «conséquences» possibles sur une éventuelle sortie de M. Coderre pouvant blesser sa formation politique.
Le député de Bourassa a quitté son poste de lieutenant québécois ainsi que son poste de critique à la défense pour son parti mais il conserve pour l'instant son siège à la Chambre des communes.
En démissionnant lundi, il s'est plaint que son chef écoutait davantage les conseils de sa «garde rapprochée» de Toronto que ceux de son propre lieutenant, même quand il s'agit du Québec. La semaine dernière, M. Ignatieff avait renversé la décision de M. Coderre, qui avait refusé le comté d'Outremont à l'ancien ministre Martin Cauchon.
Depuis sa démission, M. Coderre est demeuré discret, n'accordant pas d'entrevue et ne se présentant plus à la Chambre des communes pour la traditionnelle période de questions. Jeudi, sur son site Facebook, il a cependant tenté de calmer quelque peu le jeu en mettant à jour son «statut».
Il y invite notamment les militants libéraux à participer au congrès de la division québécoise du Parti libéral du Canada (PLC) dimanche, au cours duquel des membres de l'exécutif du parti seront élu.
«Denis Coderre souhaite que les libéraux se rendent nombreux au Congrès du PLC(Q) dimanche à Québec», peut-on lire sur sa page personnelle.
«Ma démission doit être interprété (sic) comme une incapacité à faire mon travail de lieutenant point. Il n'y a jamais eu de problèmes au Québec ou avec le Québec... J'ai toujours confiance en Michael Ignatieff et suis heureux qu'il a dit que maintenant ce qui touche le Québec sera réglé entre lui et les autorités québécoises», poursuit-il.
Lui-même devrait être absent à ce congrès où Michael Ignatieff doit prononcer un discours en fin d'avant-midi.
Le leader du PLC se raccroche d'ailleurs à cet événement qui permettra, du moins l'espère-t-il, de tourner la page sur un mois de septembre qui n'a pas été des plus cléments envers les libéraux.
«J'attends ce congrès avec impatience. On a perdu un individu, on n'a pas perdu l'équipe. En fait, l'équipe est plus forte que jamais. Il faut se concentrer sur ça et vous allez voir l'équipe en marche dimanche à la ville de Québec», a-t-il assuré.
Est-il fâché du comportement de son ancien homme fort pour le Québec, que certains libéraux qualifient ouvertement de suicide politique?
«C'est de la politique. Ce n'est pas personnel», a-t-il souligné.










