Le porte-parole du DGE, Denis Dion, a affirmé vendredi que l'organisme adoptait un ton nouveau pour rejoindre la population et les jeunes, en recourant notamment à Internet pour la première fois.
«Le DGE n'a pas besoin d'être une institution ennuyeuse, a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique. Le DGE peut être une institution intéressante. On essaie de rejoindre les gens de la meilleure façon pour qu'ils soient intéressés au message qu'on veut leur passer.»
Aux dernières élections municipales, en 2005, le taux de participation pour l'ensemble de la province était de 45 pour cent, une moyenne fortement plombée par l'abstention de 65 pour cent des électeurs montréalais.
Une première vidéo circulait déjà jeudi:
Selon M. Dion, le DGE mise sur l'humour pour attirer l'attention de la population sur l'importance des enjeux municipaux et l'inciter à participer au scrutin du 1er novembre prochain.
«Le ton humoristique fait en sorte que ça va être accrocheur, a-t-il dit. Quand on regarde la place de l'humour au Québec, c'est extrêmement fort. On va dans cette voie-là pour voir s'il y a moyen de déclencher l'intérêt.»
Lors d'une présentation aux médias, vendredi, les concepteurs de la campagne, de l'agence de publicité Cossette, ont expliqué qu'un premier volet de six publicités télé vise à démontrer concrètement l'impact des décisions des municipalités aux électeurs qui ne se sentent pas interpelés.
Dans un des messages, qui durent chacun 15 secondes, un homme qui s'apprête à enfourcher son vélo s'interroge sur la pertinence d'aller voter pour aussitôt trébucher sur une montagne de sacs de déchets.
Un deuxième volet de la campagne, destiné aux électeurs de moins de 40 ans, se décline sur Internet et pastiche le site d'un réseau d'information continue, avec bande défilante de manchettes au bas de l'écran.
Les internautes peuvent regarder l'extrait d'un faux talk show où l'animateur se désole du fait que personne ne soit allé voter aux élections municipales. Preuves à l'appui, il démontre les conséquences de cette abstention: les autobus ne fonctionnent plus, les déchets s'accumulent.
Ce volet de la campagne publicitaire a toutefois froissé le groupe TVA, qui y a vu une parodie du style de l'animateur Jean-Luc Mongrain sur la chaîne d'information LCN. Le groupe TVA a fait parvenir une lettre au DGE, dans laquelle il lui demande de retirer cette publicité.
Dans un communiqué diffusé en début de soirée, le DGE affirme que cette demande de TVA «est une première qui mérite une réponse officielle». Le DGE ajoute qu'il n'accordera donc aucune entrevue à ce sujet avant la publication de sa réponse officielle.
Le concepteur de la campagne publicitaire, Daniel Ouellet, a affirmé que les neuf capsules web abordaient des enjeux différents.
«Les élections, ça touche les gens de très près dans des situations précises, a-t-il dit. Cette fiction-là nous permet de toucher tous les sujets.»
En tout, le budget de la campagne est de près d'un million de dollars, ce qui comprend la conception et le placement publicitaire. Selon le DGE, cette somme est équivalente à celle qui a été investie lors des dernières élections municipales.
Les publicités télévisées doivent être diffusées dès dimanche, tandis que le site Internet sera accessible à partir de lundi.











