Taillon ignore Caire et désigne Bonnardel comme chef parlementaire

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François Bonnardel

Photo: PC

 

Martin Ouellet
La Presse Canadienne

François Bonnardel dirigera les députés de l'Action démocratique du Québec (ADQ) à l'Assemblée nationale d'ici à ce que Gilles Taillon obtienne un siège.

Ignoré par le nouveau chef, le député de La Peltrie, Eric Caire, a préféré mercredi garder le silence pendant que son entourage évoquait la possibilité d'une scission au sein du parti.

Après une semaine de réflexion, M. Taillon a désigné son lieutenant de la dernière campagne au leadership comme chef de l'aile parlementaire de l'Action démocratique.

Ami de coeur de la vice-première ministre, Nathalie Normandeau, M. Bonnardel aura pour tâche de mener les attaques de l'opposition adéquiste contre le gouvernement Charest.

«Je ne suis pas du tout mal à l'aise avec cette situation. Je ne suis pas plus mal à l'aise que le premier ministre qui voit sa vice-première ministre avoir des relations personnelles avec M. Bonnardel. On est dans l'ordre de la vie privée, et il n'y a rien qui me démontre que M. Bonnardel n'est pas en mesure de faire un excellent travail», a soutenu M. Taillon, en conférence de presse, au Parlement.

Le leader de l'ADQ a remporté la course à la succession de Mario Dumont par une seule voix sur M. Caire il y a une dizaine de jours. Malgré sa courte victoire, il a complètement laissé son rival en plan.

Au nom de l'unité de la formation politique, M. Caire désirait pourtant occuper une fonction de prestige.

M. Taillon a expliqué que le député de La Peltrie voulait codiriger le parti à l'exemple de ce que font Amir Khadir et Françoise David chez Québec solidaire. Une telle proposition était irrecevable, a-t-il dit.

«M. Caire souhaitait que notre parti soit dirigé en cogestion, il voulait donc qu'il y ait cogestion entre Taillon et Caire. Là-dessus, je n'irai pas plus loin dans ce débat. J'ai été élu chef, je suis le seul à avoir eu 50 pour cent plus un», a fait valoir M. Taillon, déterminé à asseoir son autorité.

Faute d'une promotion, le député laissé de côté devra se contenter des responsabilités qu'il assumait déjà, soit porte-parole en matière de santé et porte-parole en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes.

M. Caire n'a pas assisté au caucus de l'ADQ mercredi et a fait savoir qu'il ne ferait aucun commentaire pour l'instant sur la décision du chef.

Mais dans l'entourage de l'ex-candidat à la direction, la colère gronde. L'ex-député Richard Merlini évoque la possibilité d'un schisme.

«Il y a des gens qui ont amené les discussions sur la création d'un nouveau parti avec des bases plus solides, plus crédibles, avec des idées très claires. C'est très embryonnaire mais c'est fort possible», a déclaré l'ancien co-président de la campagne au leadership d'Eric Caire.

Quant à elle, Sylvie Roy assumera dorénavant les fonctions de leader parlementaire après avoir tenu le fort à titre de chef intérimaire jusqu'à l'élection de M. Taillon.

Mme Roy avait déjà indiqué qu'elle ne souhaitait pas occuper le poste de chef de l'aile parlementaire.

Janvier Grondin conserve de son côté la présidence du caucus des six députés alors que Marc Picard sera vice-président de la commission de l'administration publique.

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