Mais les groupes de femmes qui dénoncent le projet gouvernemental estiment que les coupes toucheront davantage les femmes que les hommes alors que la rente moyenne des femmes au RRQ, par exemple, est inférieure de 37 % à celle des hommes. Il y aurait aussi lieu de craindre des répercussions sur les rentes de conjoint survivant et les rentes d'invalidité, selon les 14 groupes de femmes du Québec qui dénoncent le projet de loi.
En 2006, 77,6 % des femmes âgées de 65 ans ou plus, comparativement à 92,1 % des hommes du même groupe d'âge, recevaient une rente de retraite du RPC ou du RRQ. Le montant moyen pour les femmes était de 4188 $, soit un peu moins des deux tiers des 6351 $ versés aux hommes.
Selon les groupes de femmes, un homme qui touche 5393 $ actuellement à 60 ans ne toucherait plus que 4972 $ en vertu de la proposition des ministres des Finances, soit 421 $ de moins. À 66 ans, il recevrait 7694 $, soit 415 $ de moins que présentement. L'écart est sensiblement le même pour les femmes. Une femme de 60 ans qui reçoit 4241 $ en aurait 3905 $ avec la proposition du gouvernement. Ce n'est qu'à 65 ans qu'elle recevrait une rente équivalente au régime actuel.
Alternative proposée
À la place, le groupe a soumis une proposition qui ferait en sorte d'adoucir les effets de la modification, formule appelée 15/42, développée avec la FTQ lors de consultations sur le Régime des rentes du Québec en 2004.
Selon cette proposition, la rente de retraite reposerait sur l'ensemble des années de cotisation entre 18 ans et l'âge auquel la personne demande sa rente, le tout divisé par 42, soit le nombre d'années en 18 et 60 ans. Pour le calcul, chaque personne aurait le droit de remplacer 15 % des années où les gains cotisés ont été les plus faibles, par la moyenne de gains des autres années. De plus, la même réduction ou hausse actuarielle qu'actuellement (6 % par année) s'appliquerait pour les rentes prises avant ou après 65 ans.











