Même le bras droit de M. Taillon, le chef parlementaire François Bonnardel, estime qu'il serait préférable que l'Action démocratique du Québec couronne le député Deltell dans les plus brefs délais.
«Dans la situation actuelle, tout le monde en convient qu'un couronnement, je ne sais pas comment l'exécutif peut entériner ça, mais on ose espérer que ça puisse se faire d'ici la fin de la session», a déclaré le député de Shefford mardi, dans les couloirs du parlement.
Les députés Janvier Grondin et Sylvie Roy ont manifesté le même désir, en marge d'une réunion du caucus adéquiste à laquelle n'a pas pris part le chef en sursis.
M. Bonnardel a indiqué que Gilles Taillon pourrait prendre une décision sur son avenir après la tenue de la réunion du conseil exécutif de l'ADQ mercredi soir.
Selon toutes vraisemblances, les membres de l'exécutif vont modifier les statuts du parti pour permettre le couronnement de M. Deltell, qui se dit intéressé à prendre les commandes de la formation politique en crise.
Appelé à commenter, M. Deltell s'est contenté de dire mardi que sa réflexion «chemine positivement».
«Gérard est resté neutre pendant la campagne au leadership, je pense que ça le sert bien aujourd'hui. Il est aimé de la base militante et nous allons être derrière lui», a ajouté M. Bonnardel, qui reconnait que le parti ne peut se payer le luxe d'une nouvelle course à la direction.
Selon lui, on ne peut écarter d'emblée la possibilité que l'ex-journaliste Deltell réussisse à convaincre les deux députés qui ont claqué la porte du parti, Eric Caire et Marc Picard, de revenir à l'ADQ.
M. Bonnardel soupçonne que les deux députés en rupture avec le chef Taillon regrettent d'avoir abandonné le navire hâtivement.
«Mes ex-collègues ont pris une décision rapide, ils auraient dû attendre un peu de voir ce qui allait se passer. Ils doivent le déplorer aujourd'hui», a-t-il dit, ajoutant que les députés de La Peltrie et des Chutes-de-la-Chaudière «sont encore sûrement des adéquistes».
Par ailleurs, il reconnaît que le bref passage de Gilles Taillon à la tête du parti n'a pas été à la hauteur de ses attentes, mais souhaite tourner la page le plus rapidement possible.
«J'aurais espéré que ça se passe mieux, tu ne te bats pas pour quelqu'un en te disant que ça va se terminer comme ça. J'ai été fidèle jusqu'à la fin pour M. Taillon mais maintenant, il faut regarder vers le futur.»
Malgré la grave crise qui a secoué le parti depuis le début de la course à la succession de Mario Dumont, le chef parlementaire se dit confiant de voir l'ADQ retrouver sa place sur l'échiquier politique au Québec.
Il prédit que la formation pourra regagner ses lettres de noblesse et présenter une offre crédible à temps pour la prochaine élection générale.
«Ce sont des moments difficiles, il y a des adéquistes amèrement déçus, mais on peut ramener cette idéologie qui a été forte en 2007», a-t-il conclu.
Après le départ des députés Caire et Picard, Gilles Taillon avait demandé à l'ADQ d'enclencher une nouvelle course à la direction du parti, en annonçant son intention de demeurer en poste d'ici l'élection d'un nouveau chef.
Finalement, il semble que la publication d'une lettre dans laquelle il accusait Mario Dumont, Eric Caire et Gérard Deltell d'avoir comploté contre lui, il y a deux semaines, ait scellé son sort à l'ADQ.










